L'ambition, c'est la richesse des pauvres.
Les coupables, il vaut mieux les choisir que les chercher.
Je vous condamne à l'incertitude...
Je suis professeur. C'est-à-dire que, hors d'une classe, je ne suis bon à rien.
A notre époque, le mépris des proverbes, c'est le commencement de la fortune.
Vous allez traiter vous-même une affaire. Comme c'est la première, je l'ai choisie facile, et comme vous faites toujours une gueule d'enterrement, je l'ai choisie gaie.
S'il m'arrive encore de traiter avec vous, je veux bien vous laisser une commission de six pour cent.
Tu ne crains pas qu'il n'envoie des échos aux journaux?
Pour réussir dans la vie, il faut être honnête.
Mes enfants, les proverbes que vous voyez aux murs de cette classe correspondaient peut-être jadis à une réalité disparue. Aujourd'hui on dirait qu'ils ne servent qu'à lancer la foule sur une fausse piste, pendant que les malins se partagent la proie; si bien qu'à notre époque , le mépris des proverbes, c'est le commencement de la fortune
Toute la classe (en choeur) : « Bien mal acquis ne profite jamais... L'argent ne fait pas le bonheur... ».
Topaze : [...] Ah ! l'argent… Tu n'en connais pas la valeur… Mais ouvre les yeux, regarde la vie, regarde tes contemporains… L'argent peut tout, il permet tout, il donne tout… Si je veux une maison moderne, une fausse dent invisible, la permission de faire gras le vendredi, mon éloge dans les journaux ou une femme dans mon lit, l'obtiendrai-je par des prières, le dévouement, ou la vertu ? Il ne faut qu'entrouvrir ce coffre et dire un petit mot : « Combien ? » (Il a pris dans le coffre une liasse de billets.) Regarde ces billets de banque, ils peuvent tenir dans ma poche, mais ils prendront la forme et la couleur de mon désir. Confort, beauté, santé, amour, honneurs, puissance, je tiens tout cela dans ma main… Tu t'effares, mon pauvre Tamise, mais je vais te dire un secret : malgré les rêveurs, malgré les poètes et peut-être malgré mon coeur, j'ai appris la grande leçon : Tamise, les hommes ne sont pas bons. C'est la force qui gouverne le monde, et ces petits rectangles de papier bruissant, voilà la forme moderne de la force.
Topaze : Tu as vu des femmes qui aiment les pauvres ?
Topaze : Pour gagner de l'argent, il faut bien le prendre à quelqu'un…
Panicault : [...] Quand on doit diriger des enfants ou des hommes, il faut de temps en temps commettre une belle injustice, bien nette, bien criante : c'est ça qui leur impose le plus !
Topaze : Je suis professeur. C'est-à-dire que, hors d'une classe, je ne suis bon à rien.
Topaze : Je puis dire que pendant dix ans, de toutes mes forces, de tout mon courage, de toute ma foi, j'ai accompli ma tâche de mon mieux avec le désir d'être utile. Pendant dix ans, on m'a donné huit cent cinquante francs par mois. Et un jour, parce que je n'avais pas compris qu'il me demandait une injustice, l'honnête Muche m'a fichu à la porte. Je t'expliquerai quelque jour comment mon destin m'a conduit ici, et comment j'ai fait, malgré moi, plusieurs affaires illégales. Sache qu'au moment où j'attendais avec angoisse le châtiment, on m'a donné la récompense que mon humble dévouement n'avait pu obtenir : les palmes [académiques].