Il n'y a jamais de fête véritable que pour le commerce et en profondeur encore et en secret.
Auteur
Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline
Quand on n'a pas d'argent à offrir au pauvre, il vaut mieux se taire. Quand on leur parle d'autre chose que d'argent, on les trompe, on ment, presque toujours.
Faire confiance aux hommes c'est déjà se faire tuer un peu.
Quand on n'a pas d'imagination, mourir c'est peu de choses, quand on en a, mourir c'est trop.
La guerre en somme c'était tout ce qu'on ne comprenait pas.
Quand on n'a pas d'imagination, mourir c'est peu de chose, quand on en a, mourir c'est trop.
Les indigènes eux, ne fonctionnent guère en somme qu'à coups de trique, ils gardent cette dignité, tandis que les Blancs, perfectionnés par l'instruction publique, ils marchent tout seuls.
La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas. La vérité de ce monde c'est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir.
C'est quelque chose de toujours vrai un corps, c'est pour cela que c'est presque toujours triste et dégoûtant à regarder.
Très peu de présence, tout est là, surtout pour l'amour.
Les choses auxquelles on tenait le plus, vous vous décidez un beau jour à en parler de moins en moins, avec effort quand il faut s'y mettre. On en a bien marre de s'écouter toujours causer.
Je ne connaissais que des pauvres, c'est-à-dire des gens dont la mort n'intéresse personne.
Le rôle du paillasson admiratif est à peu près le seul dans lequel on se tolère d'humain à humain avec quelque plaisir.
Tout de suite nous devînmes confidents. En deux heures je connus tout de son âme. Pour le corps j'attendis encore un peu.
Il existe certains coins comme ça dans les villes, si stupidement laids qu'on y est presque toujours seul.
Lâche ou courageux, cela ne veut pas dire grand-chose. Lapin ici, héros là-bas, c'est le même homme, il ne pense pas plus ici que là-bas.
On ne sait plus qui réveiller en vieillissant, les vivants ou les morts.
Les vivants qu'on égare dans les cryptes du temps dorment si bien avec les morts qu'une même ombre les confond déjà.
Un cerveau, c'est tyran comme y a pas.
Il faudrait fermer le monde décidément pendant deux ou trois générations au moins s'il n'y avait plus de mensonges à raconter. On n'aurait plus rien à se dire ou presque.
La meilleure chose à faire, n'est-ce pas, quand on est dans ce monde, c'est d'en sortir? Fou ou pas, peur ou pas.
Les femmes surtout demandaient du spectacle et elles étaient impitoyables, les garces, pour les amateurs déconcertés. La guerre, sans conteste, porte aux ovaires, elles en exigeaient des héros.
Nous vivions un grand roman de geste, dans la peau de personnages fantastiques, au fond desquels, dérisoires, nous tremblions de tout le contenu de nos viandes et de nos âmes.
Trahir, qu'on dit, c'est vite dit. Faut encore saisir l'occasion. C'est comme d'ouvrir une fenêtre dans une prison trahir. Tout le monde en a envie, mais c'est rare qu'on puisse.
Les chats trop menacés par le feu finissent tout de même par aller se jeter dans l'eau.
Œuvres de Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline
Bagatelles pour un massacre (1937)Cahiers Céline, Tome ICasse-pipe (1949)Céline en verveD'un château l'autreD'un château l'autre (1947)Dans l'hebdomadaire l'Express, n° 312.Entretien avec le professeur YFéerie pour une autre foisFéerie pour une autre fois (1952-1954)Guignol's band (1944)Interview avec Louis Pauwels et André Brissaud (Radio-Télévision française), printemps 1959.L'EgliseL'Eglise (1933)La Vie et l'oeuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1924)Le Pont de Londres (1964)Les Beaux DrapsLes Beaux Draps (1941)Lettre à Arthur MillerLettre, à Claude Lafaye, 20 octobre 1947?