Pas assez bien ... , pas à la hauteur, pas assez tout, je me suis sentie tout à coup comme une chenille recalée à l'examen papillon.
La vie est un brouillon, finalement. Chaque histoire est le brouillon de la prochaine, on rature, on rature, et quand c'est à peu près propre et sans coquilles, c'est fini, on n'a plus qu'à partir, c'est pour ça que la vie est longue.
Bien sûr, je ne l'aime pas. Je me dis que je ne l'aimerais jamais quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, parce que l'amour est atroce, parce que l'amour cesse toujours un jour et que je ne veux plus vivre, jamais, la mort de l'amour.
La vie est un brouillon, finalement. Chaque histoire est le brouillon de la prochaine, on rature, on rature et quand c'est à peu près propre et sans coquilles, c'est fini, on n'a plus qu'à partir, c'est pour ça que la vie est longue. Rien de grave.
Si vous aussi vous voulez avoir peur, peur tout le temps, peur à vomir, une peur bien épaisse, bien collante, eh bien faites des enfants.
Et ça voudrait dire quoi, tomber amoureuse, tomber malheureuse ? On ne peut pas tomber un peu. Quand je tombe c'est toujours de haut.
Les mères sont des foldingues qui vous refilent leurs névroses en douce.
Peut-être qu'on finit par la casser cette loi de l'éternelle répétition, reproduction, malédiction.
Moi je tuerais pour toi, et même je me tuerais pour toi.
C'était l'enfance, les enfants ne choisissent pas, on choisit pour eux, les enfants ne sont pas quittés, pas trompés, pas abandonnés, juste grondés.
Faut être drôlement heureux pour supporter d'être triste, drôlement heureux ou drôlement courageux, et moi je ne suis pas très courageuse, mais très très malheureuse.
Ma liberté avant c'était Adrien. Adrien parti, la liberté c'était du vide.
Et, en même temps, c'est vrai que nous nous sommes aimées. Peut-être avons nous pensé que cela se faisait, de s'aimer, entre mère et fille. Mais, tout de même, nous y avons cru. Avec douleur, maladresse, inquiétude, douleur encore, mais nous y avons cru.
C'est si étrange, cette douleur qui ne fait pas mal. C'est comme le chagrin de quelqu'un d'autre.
Peut être que je pensais qu'en oubliant la date du divorce j'allais y échapper. Mais il aurait fallu, pour ça, qu'il oublie aussi.
Et puis la tristesse passera, elle aussi, comme le bonheur, comme la vie, comme les souvenirs qu'on oublie pour moins souffrir.
La seule chose que je ne veux pas qu'il me demande c'est de m'impliquer, d'aimer, d'apprécier, de sentir la différence.
Ce qui est terrible ce n'est pas d'être malade, c'est d'être malade et seule.
Œuvres de Justine Lévy