Quand on est seul, on se prend trop au sérieux. C'est le terrible danger de la solitude.
Auteur
Joyce Carol Oates
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Quand les gens entrent dans ta vie, il y a toujours une raison, vois-tu. Ils ne la connaissent peut-être pas eux-mêmes. Tu ne la connais peut-être pas toi-même. N'empêche qu'il y a une raison. Forcément.
Lorsqu'on apporte des cadeaux, c'est soi-même que l'on apporte. On montre ses sentiments, comme on dit. Mais ils ne sont pas toujours les bienvenus.
Les aphorismes de Nietzsche, déclamés staccato : Ce qui est fait par amour se fait toujours par-delà le bien et le mal. Il n'y a pas de phénomènes moraux, seulement une interprétation morale des phénomènes.
Tu es mieux que gentille, tu es quelqu'un de bien.
Comment mesurer le pouvoir que nous exerçons autrement que dans le regard de l'autre ?
Il est moins facile de se réjouir pour sa meilleure amie le jour où elle apprend une bonne nouvelle que de se réjouir (secrètement) le jour où elle apprend une mauvaise nouvelle.
Le pouvoir qu'a un enfant inconscient de rejeter. De survivre. C'est ainsi qu'une génération en enfonce une autre dans la terre. La réduit en os, en poussière. L'enfouit dans l'oubli. Avec un sourire cruel.
Et elle se demanda s'il y avait d'autres gens de son espèce, et si ces gens se connaissaient, et connaissaient la force qu'ils possédaient, en secret, la terrible force, secrète, de ceux que l'on a rendus invisibles, ici-bas.
Les mots peuvent être « impuissants » - et pourtant ils sont tout ce que nous avons pour étayer nos ruines, de même que nous sommes, les uns pour les autres, tout ce que nous avons.
Pourquoi faire souffrir quelqu'un d'autre ? Souffrir soi-même suffit.
Les névrosés suicidaires m'ont toujours tapé sur les nerfs. Tuez-vous si vous devez vous tuer, mais n'emmerdez pas les autres.
Qu’est-ce que « jouer » et pourquoi sommes-nous sensibles au jeu des « grands acteurs »? Nous savons qu’un acteur « joue » et pourtant… nous souhaitons l’oublier et, en présence d’acteurs de talent, nous l’oublions effectivement très vite. C’est un mystère, une énigme. Comment pouvons-nous oublier qu’un acteur « joue »?
Si les chutes du Niagara sont une des sept merveilles du monde, Marilyn Monroe est la huitième.
La malédiction de l'acteur, c'est qu'il est toujours à la recherche d'un public. Et quand le public sent cette faim, c'est comme s'il sentait l'odeur du sang. Sa cruauté commence.
Mon père disait toujours : « Quand tu as des millions de dollars, tu as des millions d’amis. »
Une actrice s’inspire de tout ce qu’elle a vécu. Sa vie entière. Son enfance surtout. Bien qu’on ne se souvienne pas de son enfance. On croit qu’on s’en souvient mais c’est faux en fait! Et même quand on est plus vieux, à l’adolescence. Une grande partie des souvenirs sont des rêves, je crois. De l’improvisation. Un retour dans le passé, pour le changer.
La peur naît de l'espoir.
Tu es un écrivain parce que être seulement toi ne suffit pas. J'ai besoin d'être actrice parce que être seulement moi ne suffit pas.
La vie est ce qui s’évanouit, l’art ce qui reste.
Craigniez vos admirateurs ! Ne parlez de votre art qu’avec ceux qui peuvent vous dire la vérité.
Une fille au corps luxuriant dans la plénitude de sa beauté physique. Dans une robe bain de soleil en crêpe Georgette ivoire, les seins moulés dans les plis soyeux onduleux de l'étoffe. Elle est débout, jambes nues écartées sur une grille de ventilation du métro new-yorkais. Sa tête blonde est extatiquement rejetée en arrière tandis qu'un courant d'air soulève sa large jupe évasée, révélant une culotte de coton blanc. Du coton blanc ! La robe de crêpe ivoire flotte, magiquement aérienne. La robe est magique. (...) Elle rit et pousse des cris aigus comme une enfant de quatre ans quand un nouveau courant d'air soulève sa jupe. Genoux dodus, jambes musclées de danseuse. Une fille solide et saine. Épaules, bras et seins sont ceux d'une femme en pleine maturité mais le visage est celui d'une petite fille. Frissonnant dans l'été new-yorkais quand le passage d'une rame de métro soulève sa jupe comme le souffle précipité d'un amant.
Dès que l'on est amoureux, c'est comme si on l'avait toujours été.
Monroe était une artiste. Elle était une des rares que j'ai rencontrées à prendre toute cette merde au sérieux. C'est ça qui l'a tuée, pas le reste. Elle voulait être reconnue pour une grande actrice et en même temps être aimée comme une enfant et on ne peut manifestement pas avoir les deux.
Il y a toujours une blonde. Il y a eu Harlow, et il y a eu Lombard, et Turner, et Grable ; maintenant il y a Monroe. Tu seras peut-être la dernière ?
Œuvres de Joyce Carol Oates
Au commencement était la vie (1994)Blonde (2000)Ce que j'ai oublié de te dire (2014)Cher époux (2013)Confessions d'un gang de filles (1995)Délicieuses Pourritures (2003)Etouffements (2015)Eux (1985)Fille noire, Fille blanche (2009)Hantises : histoires grotesques (2005)Hantises : histoires grotesques (2005)Interview de Joyce Carol Oates par Catherine Argand (Lire), le 01/11/2000J'ai réussi à rester en vie (2011)Journal 1973-1982 (2009)La Fille tatouée (2006)Le Musée du Dr Moses : histoires de mystère et de suspense (2012)Les Chutes (2004)Mudwoman (2013)Nous étions les Mulvaney (1999)Nulle et Grande Gueule (2002)