Œuvre

Blonde (2000)

Le Dramaturge était le maître des mots. Lorsqu'il entrait dans une pièce, les mots volaient à lui, attirés comme la limaille de fer par un aimant. Hésitante et bégayante, Norma Jeane n'avait aucune chance.
Pourquoi faire souffrir quelqu'un d'autre ? Souffrir soi-même suffit.
Les névrosés suicidaires m'ont toujours tapé sur les nerfs. Tuez-vous si vous devez vous tuer, mais n'emmerdez pas les autres.
Qu’est-ce que « jouer » et pourquoi sommes-nous sensibles au jeu des « grands acteurs »? Nous savons qu’un acteur « joue » et pourtant… nous souhaitons l’oublier et, en présence d’acteurs de talent, nous l’oublions effectivement très vite. C’est un mystère, une énigme. Comment pouvons-nous oublier qu’un acteur « joue »?
Si les chutes du Niagara sont une des sept merveilles du monde, Marilyn Monroe est la huitième.
La malédiction de l'acteur, c'est qu'il est toujours à la recherche d'un public. Et quand le public sent cette faim, c'est comme s'il sentait l'odeur du sang. Sa cruauté commence.
Mon père disait toujours : « Quand tu as des millions de dollars, tu as des millions d’amis. »
Une actrice s’inspire de tout ce qu’elle a vécu. Sa vie entière. Son enfance surtout. Bien qu’on ne se souvienne pas de son enfance. On croit qu’on s’en souvient mais c’est faux en fait! Et même quand on est plus vieux, à l’adolescence. Une grande partie des souvenirs sont des rêves, je crois. De l’improvisation. Un retour dans le passé, pour le changer.
La peur naît de l'espoir.
Tu es un écrivain parce que être seulement toi ne suffit pas. J'ai besoin d'être actrice parce que être seulement moi ne suffit pas.
La vie est ce qui s’évanouit, l’art ce qui reste.
Craigniez vos admirateurs ! Ne parlez de votre art qu’avec ceux qui peuvent vous dire la vérité.
Une fille au corps luxuriant dans la plénitude de sa beauté physique. Dans une robe bain de soleil en crêpe Georgette ivoire, les seins moulés dans les plis soyeux onduleux de l'étoffe. Elle est débout, jambes nues écartées sur une grille de ventilation du métro new-yorkais. Sa tête blonde est extatiquement rejetée en arrière tandis qu'un courant d'air soulève sa large jupe évasée, révélant une culotte de coton blanc. Du coton blanc ! La robe de crêpe ivoire flotte, magiquement aérienne. La robe est magique. (...) Elle rit et pousse des cris aigus comme une enfant de quatre ans quand un nouveau courant d'air soulève sa jupe. Genoux dodus, jambes musclées de danseuse. Une fille solide et saine. Épaules, bras et seins sont ceux d'une femme en pleine maturité mais le visage est celui d'une petite fille. Frissonnant dans l'été new-yorkais quand le passage d'une rame de métro soulève sa jupe comme le souffle précipité d'un amant.
Dès que l'on est amoureux, c'est comme si on l'avait toujours été.
Monroe était une artiste. Elle était une des rares que j'ai rencontrées à prendre toute cette merde au sérieux. C'est ça qui l'a tuée, pas le reste. Elle voulait être reconnue pour une grande actrice et en même temps être aimée comme une enfant et on ne peut manifestement pas avoir les deux.
Il y a toujours une blonde. Il y a eu Harlow, et il y a eu Lombard, et Turner, et Grable ; maintenant il y a Monroe. Tu seras peut-être la dernière ?
Comme c'était mystérieux, que le monde nous précède, nous donne naissance, paraisse un court moment nous chérir, puis se débarrasse de nous comme d'une peau devenue trop petite.
La beauté est une question d'optique. Tout ce que l'on voit est illusion.
Car aimer un homme, ce n'est pas le connaître mais plutôt ne le pas connaître. Et être aimée par un homme, c'est avoir réussi à créer l'objet de son amour, qu'il convient alors de ne pas mettre en péril.
Impossible de savoir les plus simples vérités. Sinon que la mort n'est pas une solution à l'énigme de la vie.
Vous éprouvez d’authentiques émotions, mademoiselle Monroe ! C’est pour cela que vous êtes une actrice brillante. C’est pour cela que les gens voient en vous une image magnifiée d’eux-mêmes. C’est une illusion bien sûr, mais le bonheur réside dans l’illusion ! Parce que vous vivez dans votre âme comme une chandelle qui vit dans sa propre combustion ! Vous vivez dans notre âme américaine !
Car c'est cela l'amour, une protection contre le mal. Si le mal arrive, l'amour était insuffisant.
Pleurer ne sert jamais à rien. Sinon il y aurait longtemps que ça irait mieux pour tout le monde.
Norma Jeane souriait. Sourire signifiait non que vous compreniez, mais que ça ne vous dérangeait pas de ne pas comprendre.
Un philosophe grec enseignait que ne pas être né est le plus doux des états. mais moi je pense que c'est plutôt le sommeil. On est mort et pourtant on est vivant. Il n'y a pas de sensation plus exquise.