Auteur

Jean-Jacques Rousseau

Pas un seul mot équivoque, pas une seule plaisanterie hasardée; et cette décence, nous ne nous l'imposions point du tout, elle venait toute seule, nous prenions le ton que nous donnaient nos coeurs.
N'ayant jamais travaillé dans aucun bureau, ni vu de ma vie un chiffre de ministre, je craignis d'abord d'être embarrassé, mais je trouvai que rien n'était plus simple, et en moins de huit jours, j'eus déchiffré le tout.
Je me vis déjà sur le déclin de l'âge, en proie à des maux douloureux, et croyant approcher au terme de ma carrière.
Il supporta toutes ces pertes avec un courage apparent; mais son coeur ne cessa de saigner en dedans tout le reste de sa vie, et sa santé ne fit plus que décliner.
Je ne concevrai jamais que ce que tout homme est obligé de savoir soit enfermé dans des livres, et que celui qui n'est à portée ni de ces livres, ni de gens qui les entendent soit puni d'une ignorance involontaire.
Si l'on n'est pas maître de ses sentiments, au moins on l'est de sa conduite.
Je prenais donc en quelque sorte congé de mon siècle et de mes contemporains, et je faisais mes adieux au monde en me confinant dans cette île pour le reste de mes jours.
Il est utile à l'homme de connaître tous les lieux où l'on peut vivre, afin de choisir ensuite ceux où l'on peut vivre le plus commodément.
C'est un excellent moyen de bien voir les conséquences des choses, que de sentir vivement tous les risques qu'elles nous font courir.
Je crus donc, en y renonçant, prendre un parti très conséquent à mes principes.
Une saine et forte constitution est la première chose qu'il faut rechercher; et l'on doit plus compter sur la vigueur qui naît d'un bon gouvernement que sur les ressources que fournit un grand territoire.
Quand on a le coeur libre, la passion qui s'adresse à nous a toujours quelque chose de contagieux.
Je ne connaissais rien d'aussi charmant que de voir tout le monde content de moi et de toute chose.
L'homme est très fort quand il se contente d'être ce qu'il est; il est très faible quand il veut s'élever au-dessus de l'humanité.
On conçoit comment les terres des particuliers réunies et contiguës deviennent le territoire public.
La nature a, pour fortifier le corps et le faire croître, des moyens qu'on ne doit jamais contrarier.
Il est aisé de convaincre un enfant que ce qu'on lui veut enseigner est utile: mais ce n'est rien de le convaincre, si l'on ne sait le persuader.
De cela même qui semble mettre le goût au-dessous d'eux, et rendre plus méprisable le penchant qui nous y livre, je conclurais au contraire que le moyen le plus convenable pour gouverner les enfants est de les mener par leur bouche.
Il convient que l'impôt soit payé par celui qui emploie la chose taxée plutôt que par celui qui la vend.
Je fus surpris de voir ce magistrat, toujours si craintif, devenir si coulant dans cette affaire.
Au fond, c'est moins le coup que la crainte qui tourmente, quand on s'est blessé.
Les dimanche et les jours où j'étais libre, j'allais courir les campagnes et les bois des environs, toujours errant, rêvant, soupirant.
J'ai toujours pris un singulier plaisir à apprivoiser les animaux, surtout ceux qui sont craintifs et sauvages.
Du reste, que j'aie abandonné les échecs, ou qu'en jouant je ne sois remis en haleine, je n'ai jamais avancé d'un cran depuis cette première séance.
Nous plantâmes à l'entrée de petits bouts de bois minces et à claire-voie, qui, faisant une espèce de grillage ou de crapaudine, retenaient le limon et les pierres sans boucher le passage à l'eau.

Œuvres de Jean-Jacques Rousseau

Considérations sur le gouvernement de Pologne (1770-1771)Correspondance, à M Le Prince de Beloselski , Paris, 27 mai 1775.Correspondance, à M. David Hume, 10 juillet 1766Correspondance, à M. MoultonCorrespondance, à M. Moulton (A propos de Voltaire)Correspondance, à M. PictetCorrespondance, à M. de MalesherbesCorrespondance, à M. de Malesherbes, 12 janvier 1762Correspondance, à Mgr l'Archevêque de ParisCorrespondance, à un jeune hommeDernière réponse, à M. Bordes (1752)DialogueDictionnaire de musique (1767)Discours contre les sciencesDiscours sur l'inégalité (1755)Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755)Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), IIDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), NotesDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), Seconde partieDiscours sur l'économie politique (1755)