Auteur

Jean de La Bruyère

Il a un mouvement de tête, et je ne sais quel adoucissement dans les yeux.
Le temps qui fortifie les amitiés, affaiblit l'amour.
Cliton n'a jamais eu en toute sa vie que deux affaires, qui est de dîner le matin et de souper le soir.
Cette affectation de quelques-uns ont de plaire à tout le monde ...
L'affectation dans le geste, dans le parler et dans les manières est souvent une suite de l'oisiveté ou de l'indifférence; et il semble qu'un grand attachement ou de sérieuses affaires jettent l'homme dans son naturel.
Il y a autant de faiblesses à fuir la mode qu'à l'affecter.
Nous nous affectionnons de plus en plus aux personnes à qui nous faisons du bien.
Si de tous le hommes les uns mouraient, les autres non, ce serait une désolante affliction que de mourir.
Celui qui continue de cacher son âge pense enfin lui-même être aussi jeune qu'il veut le faire croire aux autres.
Le mérite chez eux devance l'âge.
Il refuse plus de femmes qu'il n'en agrée.
L'agrément est arbitraire: la beauté est quelque chose de plus réel et de plus indépendant du goût et de l'opinion.
Toute campagne n'est pas agreste et toute ville n'est pas polie.
Ne pourrait-on découvrir l'art de se faire aimer de sa femme?
Il y a des lieux que l'on admire: il y en a d'autres qui touchent, et où l'on aimerait à vivre.
Les aises de la vie, l'abondance, le calme d'une grande prospérité font que les princes ont de la joie de reste pour vivre ...
Il se déconcerte, il s'étourdit; c'est une courte aliénation.
Ils ont les yeux égarés et l'esprit aliéné.
Hermagoras vous révélera que Nembrot était gaucher et Sésostris ambidextre.
Il sait encore mieux parler ambigument, d'une manière enveloppée, user de tours ou de mots équivoques ...
Les hommes commencent par l'amour, finissent par l'ambition, et ne se trouvent souvent dans une assiette plus tranquille que lorsqu'ils meurent.
Il y a un goût dans la pure amitié où ne peuvent atteindre que ceux qui sont nés médiocres.
Une longue maladie semble être placée entre la vie et la mort, afin que la mort même devienne un soulagement et à ceux qui meurent et à ceux qui restent.
Ils sont piquants et amers; leur style est mêlé de fiel et d'absinthe.
Entrez, toutes les portes vous sont ouvertes; mon antichambre n'est pas faite pour s'y ennuyer en m'attendant; passez jusqu'à moi sans me faire avertir.

Œuvres de Jean de La Bruyère

CaractèresDiscours de réception à l'Académie française, 15 juin 1693.Discours de réception à l'Académie française.Les Caractères (1696)Les Caractères (1696), 1, I, De la modeLes Caractères (1696), 1, I, Des ouvrages de l'espritLes Caractères (1696), 10, I, Des jugementsLes Caractères (1696), 10, I, Des ouvrages de l'espritLes Caractères (1696), 10, IV, De l'hommeLes Caractères (1696), 10, IV, Du coeurLes Caractères (1696), 11, I, De la modeLes Caractères (1696), 11, I, Des esprits fortsLes Caractères (1696), 11, I, Des ouvrages de l'espritLes Caractères (1696), 11, IV, De quelques usagesLes Caractères (1696), 11, VI, Du souverain ou de la RépubliqueLes Caractères (1696), 119, I, De l'hommeLes Caractères (1696), 119, VI, Des jugementsLes Caractères (1696), 12, I, Des ouvrages de l'espritLes Caractères (1696), 12, IV, Du souverain ou de la RépubliqueLes Caractères (1696), 12, VIII, De l'homme