Auteur

Hortense Dufour

Il n'y a pas pire détresse que de ne plus aimer ce que l'on a adoré.
La mort est une réalité singulière, capable de décupler pendant quelques secondes l'intelligence, la perception, la faculté d'affirmer cette phrase scandaleuse: cette personne est morte. Et non pas évanouie.
Mieux organisée que l'amour : la haine ; elle en possède l'abnégation, les intuitions, et, en plus, une constance à toute épreuve.
C'est en plein été que maman mourut brusquement. C'est moi qui l'ai trouvée couchée près du fourneau camping-gaz qui fonctionne toujours et sur lequel, désormais, je fais chauffer la gamelle de Lucien, mon mari.
Si la musique console de tout, de tous, elle achève sans répit, coupe le souffle, attise les vieux sanglots.
On ne meurt que de la mort.
Le chagrin n'est qu'un palier où on essaye de se retourner dans la fraîcheur d'une prairie.
Les larmes sont la rivière qui peut faire accepter le dernier voyage
Le chagrin, c'est la course éperdue du lièvre à travers champs.

Œuvres de Hortense Dufour

La Dernière Femme de Barbe-Bleue (1976)La Marie marraine (1978)Le bouchot