Vous devez aimer votre père et votre mère, vous ! dit le vieillard en serrant de ses mains défaillantes la main d'Eugène. Comprenez-vous que je vais mourir sans les voir, mes filles ? Avoir soif toujours, et ne jamais boire, voilà comment j'ai vécu depuis dix ans… Mes deux gendres ont tué mes filles. Oui, je n'ai plus eu de filles après qu'elles ont été mariées. Pères, dites aux Chambres de faire une loi sur le mariage ! Enfin, ne mariez pas vos filles si vous les aimez.
Auteur
Honoré de Balzac
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Il y a deux Histoires : l'Histoire officielle, menteuse qu'on enseigne, l'Histoire ad usum delphini puis l'Histoire secrète, où sont les véritables causes des événements, une histoire honteuse.
Nous avons à saisir l'esprit, l'âme, la physionomie des choses et des êtres. Les effets ! les effets ! mais ils sont les accidents de la vie, et non la vie.
Il se méprisera lui-même, il se repentira mais la nécessité revenant, il recommencerait car la volonté lui manque, il est sans force contre les amorces de la volupté, contre la satisfaction de de ses moindres ambitions.
C'est ignoble, mais je vis de ce métier, moi comme cent autres ! Ne croyez pas le monde politique beaucoup plus beau que ce monde littéraire : tout dans ces deux mondes est corruption, chaque homme y est ou corrupteur ou corrompu.
La possession du pouvoir, quelque immense qu'il put être, ne donne pas la science de s'en servir.
On ne se figure pas ce que sont les tiraillements de la loi sur une douleur vraie. C'est à faire haïr la civilisation, à faire préférer les coutumes des Sauvages.
Ce crime avait été conseillé par la passion, par une de ces sorcelleries féminines si cruellement irrésistibles, que nul homme ne peut dire : Je ne ferai jamais cela dès qu'une sirène est admise dans la lutte et y déploiera ses hallucinations.
Et l'on peut dire avec assurance que si la Vendée fit du brigandage une guerre, la Bretagne fit de la guerre un brigandage.
Voilà l'homme qui prêchera quelque croisade en faveur de l'égalité, lui qui ne se croit l'égal de personne.
Le sentiment que l'homme supporte le plus difficilement est la pitié, surtout quand il la mérite. La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse.
Au moment où, tout à fait absorbé par sa douce rêverie, Raphaël avait oublié son journal, Pauline le saisit, le chiffonna, en fit une boule, le lança dans le jardin, et le chat courut après la politique qui tournait comme toujours sur elle-même.
En effet, les jeunes gens de Paris ne ressemblent aux jeunes gens d'aucune autre ville. Ils se divisent en deux classes : le jeune homme qui a quelque chose et le jeune homme qui n'a rien ou, le jeune homme qui pense et celui qui dépense.
Son linge avait ce ton roux contracté dans l'armoire par un long séjour, et qui annonçait en feu madame Popinot la manie du linge suivant la mode flamande, elle ne se donnait sans doute que deux fois par an l'embarras d'une lessive.
Comme tous les gens de génie, il était sans héritier.
Le malheur fait dans certaines âmes un vaste désert où retentit la voix de Dieu.
L'obéissance était ennuyeuse, la Révolte impossible, et la Lutte incertaine.
Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit mais Savoir laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme.
Enfin toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne. La borgne ne vas pas sans l'argousin, vous n'imaginerez pas l'un sans l'autre.
La volonté humaine est une force matérielle semblable à la vapeur.
Puisque vous voulez qu'il y ait des fées, j'y croirai ! dit-elle en rougissant et quand cela ne serait pas, croire à votre erreur m'est plus doux que connaître la vérité.
Vous l'avez cru fou, sachez le donc : il cherchait à se faire pardonner son génie.
Ainsi, mon cher, si je ne crois pas en Dieu, je crois encore moins à l'homme.
Enfanter, ce n'est rien ; mais nourrir, c'est enfanter à toute heure. Oh ! Louise, il n'y pas de caresses d'amant qui puissent valoir celles de ces petites mains roses qui se promènent si doucement, et cherchent à s'accrocher à la vie.
J'entends dire autour de moi : Voilà une belle femme ! Ça me réjouit le coeur. N'est-ce pas mon sang ? J'aime les chevaux qui les traînent, et je voudrais être le petit chien qu'elles ont sur leurs genoux.
Œuvres de Honoré de Balzac
Albert Savarus (1842)Appendices, V, 32Autre étude de femmeAutre étude de femme (1839-1842)Avant son agonie.BéatrixBéatrix (1839)Cité par Shoshana Felman dans La Folie et la Chose littéraire.Confidences rapportées par George Sand dans Histoire de ma vie.CorrespondanceCorrespondance, 1819Correspondance, 1846Correspondance, à Hippolyte Castille, 11 octobre 1846César Birotteau (1838)Etude de femme (1831)Eugénie Grandet (1833)Facino Cane (1837)Ferragus, chef des DévorantsGambara (1837)Gobseck (1830)