Nous entrons et n'entrons pas, nous sommes et ne sommes pas dans les mêmes fleuves.
Le temps est un enfant qui joue au trictrac. Ce royaume est celui d'un enfant.
La guerre est mère de toutes choses, reine de toutes choses, et elle fait apparaître les uns comme dieux, les autres comme hommes, et elle fait les uns libres et les autres esclaves.
L'harmonie invisible est plus que l'harmonie manifeste.
La route qui monte et qui descend est une seule et la même.
La foudre gouverne tout. La foudre est le feu éternel, un feu sage et auteur de l'administration du monde.
Le comportement humain n'enferme pas les connaissances; le divin si.
Le feu est la monnaie de toutes choses et toutes choses sont la monnaie du feu, comme l'or pour les marchandises et les marchandises pour l'or.
On ne peut pas se baigner deux fois dans le même fleuve. Toutes choses se répandent et de nouveau se contractent, s'approchent et s'éloignent.
Les chiens aboient contre ceux qu'ils ne connaissent pas.
Il ne serait pas meilleur pour les hommes que tous leurs voeux soient accomplis.
La maladie fait trouver du plaisir dans la santé, le mal dans le bien, la famine dans l'abondance, l'épuisement dans le repos.
Etre raisonnable est la plus grande vertu, et la sagesse est de dire la vérité et d'agir conformément à la nature avec attention.
L'homme quand il est ivre est conduit par un enfant tout petit et trébuche et ne fait pas attention où il va, ayant l'âme humide.
Même les boissons mélangées se séparent si on ne les agite pas.
Les honneurs tiennent en esclavage les dieux et les hommes.
L'enseignement est un autre soleil pour ceux qui le reçoivent.
Le monde est un et commun, mais lorsqu'ils sombrent dans le sommeil ils se tournent chacun vers le sien propre.
Si vous écoutez non pas moi, mais la Raison, il est sage de reconnaître que tout est un.
L'harmonie cachée vaut mieux que l'harmonie visible.
Ce qui est taillé en sens contraire s'assemble ; de ce qui diffère naît la plus belle harmonie, et c'est la discorde qui produit toutes les choses.
Ils entendent sans comprendre et sont semblables à des sourds. Le proverbe s'applique à eux : présents ils sont absents.
Rien n'est permanent, sauf le changement. Seul le changement est éternel.
Le rien existe aussi bien que le quelque chose.
Œuvres de Héraclite
FragmentFragment, 110Fragment, 34Fragment, 40Fragment, 6Fragment, 60Fragment, 8Fragment, 89Fragment, 9Fragment, 9 DielsFragment, 91FragmentsFragments originaux, 49Fragments originaux, 53Les penseurs grecs avant SocrateMaximes, 142Maximes, 143Traduction et Commentaire des Fragments (1959) par Abel Jeannière.