Auteur

Gustave Le Bon

Le savant est souvent embarrassé pour déterminer les causes d'un phénomène. L'ignorant ne l'est jamais.
L'avenir est contenu dans le présent comme le chêne l'est dans le gland. Le temps fait sortir le chêne du gland, mais ne le crée pas.
Les hommes se passent facilement de vérités. Ils n'ont jamais vécu sans certitudes.
Dans le domaine de la science, les choses ont une valeur réelle indépendante des opinions. Dans celui des croyances, elles n'ont guère d'autre valeur que l'idée qu'on s'en fait.
Il faut parfois longtemps pour qu'une vérité démontrée devienne une vérité acceptée.
Les faits scientifiquement démontrés restent immuables mais leur explication varie avec les progrès de la connaissance. Les théories de Darwin et de Pasteur sont déjà dépassées. L'atome, jadis miracle de simplicité, est devenu miracle de complexité.
Pourquoi les créateurs de légendes n'ont-ils jamais imaginé un monde peuplé d'êtres dépourvus d'illusion? Sans doute parce que la vie de tels êtres ne serait pas concevable.
Les réalités scientifiques les plus solides contiennent toujours, cependant, une part notable d'illusions. Les progrès de la science consistent surtout à la réduire.
L'enfant venant à la lumière est déjà très vieux, puisqu'il représente la synthèse d'un immense passé. Son âme individuelle se trouve constituée par une accumulation de résidus d'âmes ancestrales.
La mort intellectuelle commence dès que les opinions deviennent trop fixées pour changer. L'homme, même resté jeune, entre alors dans le domaine des morts. Le présent et l'avenir ne sont plus concevables pour lui qu'enveloppés de passé.
On ne gagne pas beaucoup à trop réfléchir sur la destinée. La vraie philosophie consiste peut-être à traverser la vie avec la sérénité tranquille de l'animal broutant l'herbe du sentier qui le mène à l'abattoir.
Une course trop rapide au bonheur n'est souvent qu'une course au malheur.
Il est utile de penser quelquefois. Pour rester heureux, on ne doit pas trop penser.
Se nourrir, se reproduire et s'entre-détruire, furent les principales occupations des peuples depuis les origines de l'histoire. Rien n'indique encore que leur existence puisse être différemment orientée.
La hardiesse sans jugement est dangereuse; le jugement sans hardiesse, inutile.
Rien ne sert d'agir si une idée directrice n'oriente pas utilement la volonté d'agir.
Savoir sans vouloir ne crée pas de pouvoir.
La vieillesse représente souvent une forme peu atténuée de la servitude.
L'héroïsme peut sauver un peuple dans les circonstances difficiles, mais c'est l'accumulation journalière de petites vertus qui détermine sa grandeur.
L'injustice dont on profite devient vite de la justice.
Beaucoup d'effets visibles restent incompréhensibles parce qu'ils constituent l'extériorisation de causes invisibles, inaccessibles.
Parmi les milliers d'hommes aspirant à établir le règne du droit et de la justice, combien en est-il capables de définir le droit et de comprendre la justice?
Les événements seraient interprétés de façon bien différente si, pour les juger, l'esprit et le coeur utilisaient la même mesure.
La pensée sans action est un vain mirage, l'action sans pensée un vain effort.
Les propositions admises sans discussion deviennent rarement des mobiles d'action.

Œuvres de Gustave Le Bon

Aphorismes du temps présentAphorismes du temps présent (1913)Bases scientifiques d'une philosophie de l'histoire (1931)Hier et DemainHier et demain. Pensées brèves (1918)L'Homme et les sociétés - Leurs origines et leur histoire (1881)L'évolution de la matière (1905)La Civilisation des Arabes (1884)La Révolution française et la psychologie des révolutions (1912)La vie (Traité de physiologie humaine) (1874)Le Déséquilibre du monde (1923)Les Civilisations de l'Inde (1893)Les Incertitudes de l'heure présenteLes Incertitudes de l'heure présente (1923)Les Incertitudes de l'heure présente (1924)Les Opinions et les CroyancesLes Opinions et les croyances (1911)Lois psychologiques de l'évolution des peuples (1894)Psychologie des foules (1895)Psychologie des temps nouveaux (1920)