Le monde moderne ressemble à une immense ménagerie dont toutes les cages auraient les portes ouvertes.
Auteur
Gustave Le Bon
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L'esprit nouveau se révèle surtout comme un état de mécontentement général accompagné d'un besoin de changements.
Si l'homme avait commencé par penser au lieu d'agir, le cycle de son histoire serait clos depuis longtemps.
La richesse d'un pays ne réside pas dans des billets sans garantie qu'il peut émettre à volonté, mais dans son industrie et son agriculture.
Tout être porte en lui des possibilités latentes de caractère léguées par ses divers aïeux, que les événements font surgir.
La patrie n'est pas constituée seulement par le sol où nous vivons, mais aussi par les ombres des aïeux qui continuent à vivre en nous et contribuent à élaborer notre destinée.
Le caractère et l'intelligence étant rarement réunis, il faut se résigner à choisir ses amis pour leur caractère et ses relations pour leur intelligence.
Vouloir retenir un amour qui meurt, c'est prétendre ralentir le cours des jours.
Les révolutionnaires russes ont oublié de méditer ce mot de Napoléon : L'anarchie ramène toujours au pouvoir absolu.
Nous sommes maîtres de notre vie intellectuelle, non de notre vie affective. Sympathie et antipathie se refrènent mais ne se commandent pas.
Nous vivons dans un monde d'apparences dont l'illusoire interprétation reste toujours à la mesure de notre intelligence.
Les aristocraties ont pris des formes diverses : naissance, talent, fortune mais le monde ne s'en est jamais passé.
L'homme, confiné par la nature dans l'éphémère, rêve d'éternité. En élevant des temples et des statues, il se donne l'illusion de créer des choses que le temps n'altèrera pas.
Si l'athéisme se propageait, il deviendrait une religion aussi intolérante que les anciennes.
L'aptitude à réfléchir implique toujours l'aptitude à l'attention. Capacité d'attention faible comporte faculté de réflexion médiocre.
Il n'y a pas de société possible sans principe d'autorité, de même qu'il n'existe pas de fleuve sans rives pour l'endiguer.
Quelques années suffisent pour instruire un barbare. Il faut parfois des siècles pour l'éduquer.
Une civilisation avancée contient des résidus de toutes les étapes successivement franchies. L'homme des cavernes et les barbares du temps d'Attila y ont des représentants.
Le savant capable de résoudre les problèmes résolus à chaque instant par les cellules d'un être vivant posséderait une intelligence si immensément supérieure à celle des autres hommes qu'il mériterait d'être considéré comme un Dieu.
Le célèbre Candide est assurément le type du parfait optimiste doué d'une cécité mentale assez complète pour rester inaccessible aux coups du sort. Mais Candide eut un philosophe pour père et ne laissa guère de rejetons à son image.
Un pays sans capital est un pays sans défense.
Le véritable capital, c'est l'intelligence. Et de ce capital, on ne peut en dépouiller personne.
La valeur de l'homme ne se mesure pas au niveau de son instruction, mais à celui de son caractère.
La force du caractère, et non l'instruction, donne à l'homme une armature intérieure résistante. Privé de cette armature, il devient le jouet de toutes les circonstances.
Les causes sont les logarithmes des effets.
Œuvres de Gustave Le Bon
Aphorismes du temps présentAphorismes du temps présent (1913)Bases scientifiques d'une philosophie de l'histoire (1931)Hier et DemainHier et demain. Pensées brèves (1918)L'Homme et les sociétés - Leurs origines et leur histoire (1881)L'évolution de la matière (1905)La Civilisation des Arabes (1884)La Révolution française et la psychologie des révolutions (1912)La vie (Traité de physiologie humaine) (1874)Le Déséquilibre du monde (1923)Les Civilisations de l'Inde (1893)Les Incertitudes de l'heure présenteLes Incertitudes de l'heure présente (1923)Les Incertitudes de l'heure présente (1924)Les Opinions et les CroyancesLes Opinions et les croyances (1911)Lois psychologiques de l'évolution des peuples (1894)Psychologie des foules (1895)Psychologie des temps nouveaux (1920)