Le devoir, c'est de sentir ce qui est grand, de chérir ce qui est beau, et non pas d'accepter toutes les conventions de la société, avec les ignominies qu'elle nous impose.
Auteur
Gustave Flaubert
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On se réfugie dans le médiocre, par désespoir du beau qu'on a rêvé!
Leurs pensées, confondues dans la même angoisse, s'étreignaient étroitement, comme deux poitrines palpitantes.
Le monde est l'oeuvre d'un Dieu en délire.
Les bonheurs futurs, comme les rivages des tropiques, projettent sur l'immensité qui les précède leurs mollesses natales, une brise parfumée, et l'on s'assoupit dans cet environnement, sans même s'inquiéter de l'horizon que l'on n'aperçoit pas.
La jeunesse a l'esprit tragique et n'admet pas les nuances.
L'Art, en de certaines occasion, ébranle les esprits médiocres; et des mondes peuvent êtres révélés par ses interprètes les plus lourds.
Lourdes m'a l'air d'enfoncer la Salette, parce qu'il est plus nouveau: Lourdes est le Deauville de la dévotion moderne, la Salette en serait le Dieppe. L'excès est une preuve d'idéalité: aller au delà du besoin.
Enfin, mon conseil permanent est celui-ci: Voulez! En avez-vous essayé? Prenez donc un parti! Ne soyez pas lâche envers vous! Mais non, vous caressez votre douleur comme un petit enfant chéri que l'on allaite et qui vous mord la mamelle.
Tu n'es pas assez convaincu de cet axiome: qui se contient, s'accroît.
Il ne faut pas rétrécir sa vie, ni son coeur non plus. Acceptons tout! Absorbons tout!
Mais bientôt ils s'ennuyèrent, leur esprit ayant besoin d'un travail, leur existence d'un but.
Les érections de la pensée sont comme celles du corps; elles ne viennent pas à volonté ! Et puis je suis une si lourde machine à remuer ! Il me faut tant de préparations et de temps pour me remettre en train !
L'existence après tout n'est-elle pas comme le lièvre quelque chose de cursif qui fait un bond dans la plaine, qui sort d'un bois plein de ténèbres pour se jeter dans une marnière, dans un grand trou creux ?
Un infini de passion peut tenir dans une minute, comme une foule dans un petit espace.
On a beau dire, un coeur est une richesse qui ne se vend pas, qui ne s'achète, mais qui se donne.
Que faire ici-bas ? qu'y rêver ? qu'y bâtir ? dites-le moi donc, vous que la vie amuse, qui marchez vers un but et vous tourmentez pour quelque chose !
Et d'ailleurs, le coeur de l'homme n'est-il pas une énorme solitude où nul ne pénètre ? les passions qui y viennent sont comme les voyageurs dans le désert du Sahara, elles y meurent étouffées, et leurs cris ne sont point entendus au-delà.
Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d'illusions ; comme si la désillusion n'était pas cent fois plus poétique par elle-même !
Dans l'adolescence, on aime les autres femmes parce qu'elles ressemblent plus ou moins à la première ; plus tard on les aime parce qu'elles diffèrent entre elles.
Quelle meilleure chose, en effet, que d'être le soir au coin du feu avec un livre, pendant que le vent bat les carreaux, que la lampe brûle.
Sans l'imagination, l'Histoire est défectueuse.
Les faits extérieurs ne sont pas tout. Il faut les compléter par la psychologie. Sans l'imagination, l'Histoire est défectueuse.
J'aime les gens tranchants et énergumènes, on ne fait rien de grand sans le fanatisme.
Donner au public des détails sur soi-même est une tentation de bourgeois à laquelle j'ai toujours résisté.
Œuvres de Gustave Flaubert
AgoniesBouvard et Pécuchet (1881)Bouvard et Pécuchet (1881), XCarnetsCorrespondanceCorrespondance (1830-1851)Correspondance (1887-1893)Correspondance (à propos de Madame Bovary).Correspondance 1859-1860Correspondance I, A Alfred Le Poittevin, 2 avril 1845Correspondance I, A Emmanuel Vasse de Saint-Ouen, 4 juin 1846Correspondance I, A Louise Colet, 15 août 1846Correspondance I, A Louise Colet, 15 février 1847Correspondance I, A Louise Colet, 17 septembre 1846Correspondance I, A Louise Colet, 20 décembre 1846Correspondance I, A Louise Colet, octobre 1847Correspondance I, à Louise Colet, 12 août 1846Correspondance I, à Louise Colet, 30 janvier 1847Correspondance à George Sand (1871)Correspondance à George Sand, 1866.