Auteur

Georges Bernanos

Son corps maigre flotte dans la chemise et à travers la batiste apparaît sur sa poitrine et jusqu'à ses flancs la répugnante morsure des ventouses.
Sur ces étonnantes paroles, il sortit, laissant M. de Clergerie béant.
Vous pouvez les garder, vos cinq cents louis; ils vous font plus besoin qu'à moi!
Et pourtant sa pensée, déjà rebelle, opposait une résistance sournoise, biaisait vers les images délirantes.
Seulement, un litre, dame! lorsqu'on a déjà son compte! J'ai dû m'arrêter de biberonner, à bout de souffle.
Ainsi, tenez, au début, ça bichait très bien entre nous, mon oncle et moi.
Si doux, si tranquille, si respectueux! A Grenoble, les belles dames de Sainte-Eulalie et de Saint-Marc, elles vous l'auraient gâté, bichonné; ça rapporte gros à l'évêque, allez, des prêtres comme ça.
Vous voyez devant vous un pauvre homme, avec les qualités et les défauts de son état... un courtier en bidets normands et bretons.
A en croire les bien-pensants, l'ouvrier français, comblé, crèverait de bien-être.
D'une manière, l'idée n'était pas si mauvaise de le laisser continuer seul son bonhomme de chemin: il aurait pu aussi bien nous conduire quelque part.
Une petite bonniche n'a pas le moyen de se payer des mélancolies de millionnaire, voyez-vous!
Alors, tapie dans la haie, retenant son souffle, le coeur submergé d'une délicieuse angoisse, elle épiera la troupe braillarde.
Nous trouverons très naturel qu'ils nous abandonnent ici-bas au bras séculier, s'ils ne trouvent aucun autre moyen de prouver leur bienveillance à l'égard des vainqueurs.
Et de quelle moquerie ne serait-il pas l'objet, par un détour, dans la personne de son vicaire, déjà assez brocardé!
Vous-même, mon enfant, vous ne me suivez plus, vous piétinez, nous perdons du temps à des broutilles.
Je me sentais de glace, sauf ce creux dans ma poitrine, tout brûlant.
J'ai cessé de plaire, parce que j'ai cessé d'être utile. Je suis brûlé - voilà le mot - je suis brûlé ici et ailleurs, je suis brûlé partout!
Or, rentrer à Paris, en pleine canicule, serait me tuer. Pourrai-je seulement attendre sans nouvelles crises la fin de cet abominable été?
On s'habitue très bien aux morts, à la vue, à l'odeur des morts, mais les charniers sont les charniers. Une brute y devient lâche, un lâche y pourrit sur place, se liquéfie.
Le monde n'est pas aux vicieux, comme se l'imaginent les chastetés torturées.
Ne chicanons pas sur les mots. Haïr ou aimer, dans votre langue, c'est tout un.
Les socques de la vieille Marthe claquaient déjà sur les marches - clic, clac - et plus sourds, dans l'herbe humide - floc, floc.
On nous renvoie parmi vous avec la seule consigne, comme on dit, de nous débrouiller, d'agir pour le mieux.
Les civilisations sont mortelles, les civilisations meurent comme les hommes, et cependant elles ne meurent pas à la manière des hommes. La décomposition, chez elles, précède leur mort, au lieu qu'elle suit la nôtre.
Je ne dédaigne pas les autres. Bien loin de les dédaigner, je souhaiterais mieux les comprendre, car comprendre, c'est déjà aimer.

Œuvres de Georges Bernanos

Cité par Gilles Perrault dans La Longue Traque (1975).Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.Correspondance (1904-1939)Correspondance (1971)Correspondance inédite (1934-1948)Dans Nous autres Français.Dialogue d'ombresDialogues d'ombres (1955)Essais et écrits de combat, tome II (1995), La liberté pour quoi faire?Français, si vous saviez (1945)Journal d'un curé de campagne (1936)Journal de la guerre d'EspagneJournal de la guerre d'Espagne, Sept, 16 octobre 1936Journal de la guerre d'Espagne, Sept, 27 novembre 1936Journal de la guerre d'Espagne, Sept, 31 juillet 1936L'Imposture (1927)La France contre les robots (1946)La Grande Peur des bien-pensants (1931)La Grande Peur des biens-pensants (1931)La Joie (1928)