Auteur

Gaston Bachelard

Deux hommes, s'ils veulent s'entendre, ont dû d'abord se contredire. La vérité est fille de discussion, non pas fille de sympathie.
Rien ne va de soi. Rien n'est donné. Tout est construit.
C'est la relation qui illumine l'être.
Le poème est une grappe d'images.
Dans la bataille de l'homme et du monde, ce n'est pas le monde qui commence.
On ne doit pas s'accorder le droit de parler d'une connaissance qui ne serait pas communicable.
Le langage est aux postes de commande de l'imagination.
Le paradis, à n'en pas douter, n'est qu'une immense bibliothèque.
L'observation scientifique est toujours une observation polémique.
L'homme en tant qu'homme ne peut vivre horizontalement. Son repos, son sommeil est le plus souvent une chute.
Toute connaissance est une réponse à une question.
Celui qui trouve sans chercher est celui qui a longtemps cherché sans trouver.
II faut mettre la société au service de l'école et non pas l'école au service de la société.
L'histoire est toujours écrite par les gagnants. Lorsque deux s'affrontent c'est toujours celles des perdants qui disparaît.
Enfants, on nous montre tant de choses que nous perdons le sens profond de Voir. Voir et montrer sont phénoménologiquement en violente antithèse. Et comment les adultes nous montreraient-ils le monde qu'ils ont perdu!
La mort de l'eau est plus songeuse que la mort de la terre: la peine de l'eau est infinie.
Le rêveur! ce double de notre être, ce clair-obscur de l'être pensant.
En s'éloignant vers le ciel, l'oiseau se désindividualise; il devient un vol, un vol en soi.
Au-dessus du sujet, au-delà de l'objet, la science moderne se fonde sur le projet. Dans la pensée scientifique, la méditation de l'objet par le sujet prend toujours la forme du projet.
Le verbe n'est-il pas la première allégresse? La parole a une tonicité si elle espère.
Au fond de la matière pousse une végétation obscure; dans la nuit de la matière fleurissent des fleurs noires. Elles ont déjà leurs velours et la formule de leur parfum.
La science de la réalité ne se contente plus du comment phénoménologique; elle cherche le pourquoi mathématique.
La science est l'esthétique de l'intelligence.
La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des ombres.
Face au réel, ce qu'on croit savoir clairement offusque ce qu'on devrait savoir. Quand il se présente à la culture scientifique, l'esprit n'est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l'âge de ses préjugés.

Œuvres de Gaston Bachelard

Colloque de Cerisy.L'Air et les Songes (1934)L'Eau et les Rêves (1942)L'Engagement rationalisteL'Intuition de l'instant (1932)La Dialectique de la durée (1936)La Flamme d'une chandelleLa Flamme d'une chandelle (1961)La Formation de l'esprit scientifique (1938)La Philosophie du non: Essai d'une philosophie du nouvel esprit scientifique (1940)La Poétique de l'espaceLa Poétique de l'espace (1957)La Poétique de la rêverieLa Poétique de la rêverie (1960)La Terre et les Rêveries du reposLa Terre et les rêveries de la volonté (1948)Lautréamont (1939)Le Nouvel Esprit scientifiqueLe Nouvel Esprit scientifique (1934)Le rationalisme appliqué