Se prendre pour Dieu, le penchant le plus ordinaire des enfants heureux. Grandir fut rapetisser.
Auteur
Eric-Emmanuel Schmitt
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Le dégoût est l'une des formes de l'obsession : on préfère y penser avec malaise que ne pas y penser.
Seule la peau sépare l'amour de l'amitié. C'est mince.
Mon opprobre va aux épousailles et à leur serment de chasteté, pas à l'adultère, qui me paraît un réveil sain de la nature.
Passer sa vie à regretter un sentiment perdu n'élargit pas notre capacité d'aimer mais nous ferme à de nouveaux émois en cultivant notre amertume.
On peut être maître de ce que l'on pense, jamais de ce que l'on ressent.
L'amour a dû être inventé pour poétiser la vie.
On gâche l'amour en voulant l'éterniser. Mieux vaut le cueillir quand il existe, cela constitue un cadeau suffisant.
Le bonheur ne chausse que les bottes du provisoire. Qui nous a certifié le contraire ? Dans une vie humaine, toujours est toujours éphémère.
L'amour est une preuve que nous ne percevons la réalité qu'à travers le filtre de nos fantasmes ; pis, il démontre que la réalité n'est pas grand-chose.
L'amour échappe à la logique, n'appartenant ni aux raisonnements, ni aux preuves, ni à la vérité : il relève du choix personnel.
Ils se protègent des émotions par la vulgarité. Le gros mot cache le grand sentiment.
Tu m'as resservi ta vieille théorie selon laquelle un homme prend une maîtresse pour rester avec son épouse tandis qu'une femme prend un amant pour quitter son mari.
Il y a autant de bonheurs que d'êtres humains, je crois.
Boire, c'est croire qu'on vient de fermer sa porte à l'ennemi alors qu'on vient de l'installer chez soi, de façon définitive, derrière les verrous du silence.
Certaines femmes sont des trappes où l'on tombe. Parfois, de ces pièges, on ne veut plus sortir.
A chaque génération, les jeunes gens ont l'impression d'inventer le vice : quelle présomption !
Une fille de rêve, ce n'est pas celle que la fille rêve d'être, mais celle que le garçon voit.
La vie nous hache, nous disperse, nous atomise, elle nous refuse la pureté du trait.
Oscar, la maladie, c'est comme la mort. C'est un fait, ce n'est pas une punition.
Plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé.
La beauté, Momo, elle est partout. Où que tu tournes les yeux. Ca c'est dans mon Coran.
Ecouter du Beethoven, c'est chausser les sandales d'un génie et se rendre compte qu'on n'a pas la même pointure.
Arabe, Momo, ça veut dire ouvert de 8h du matin jusqu'à minuit et même le dimanche dans l'épicerie.
A quinze ans, j'étais fatigué de vivre. Sans doute faut-il être si jeune pour se sentir si vieux.
Œuvres de Eric-Emmanuel Schmitt
Concerto à la mémoire d'un ange (2010)Contact, l'encyclopédie de la création (Emission de TV canadienne), septembre 2005.Dans Le Monde, 5 août 2016.Entretien pour le quotidien belge Le Soir, supplément culturel du 6 octobre 2004.Frédérick ou le boulevard du crime (1998)Golden Joe (1995)Interview à la RTBF, 27 décembre 2007.Interview à la TV canadienne, 2005.L' Evangile selon Pilate (2000)L'Elixir d'amour (2014)L'Enfant de Noé (2004)L'Evangile selon Pilate (2000)La Nuit de Valognes (1991)La Part de l'autre (2001)La Rêveuse d'Ostende (2007)La Secte des égoïstes (1994)La Tectonique des sentiments (2008)La femme au miroir (2011)La trahison d'Einstein (2014)Le Sumo qui ne pouvait pas grossir (2009)