Auteur

Chams al-Din Muhammad Hafiz

Si, comme Alexandre, tu prétends à la vie éternelle, cherche-la sur les lèvres roses de cette ravissante beauté.
Veux-tu jouir de la présence divine, ô Hafiz? - Ne t'absente pas un instant de celle de ta bien-aimée.
Les mots d'amour ne sont point de ceux que l'on peut prononcer.
Des amis, un flacon de vin, du loisir, un livre, un coin parmi les fleurs... Je n'échangerai pas cette joie pour un monde, présent ou à venir.
Voici que, de nouveau, le vin me ravit à moi-même! - De nouveau, le vin m'a conquis par ses caresses. - Soit béni mille fois le vin rouge qui donne à mon visage les couleurs de la joie!
A l'heure de l'adieu, en partant loin de toi, mes yeux se sont vidés tout d'un coup de lumière et je suis resté aveugle à force de pleurer.
En pleine angoisse, ne perds jamais l'espoir, car la moelle la plus exquise est dans l'os le plus dur.
Bois, Hâfiz, et sois gai: ne fais pas comme l'hypocrite - Qui croit masquer sa ruse en citant bien haut le Koran.
Ta bien-aimée, Hâfiz, sur ta tombe scellée - Peut-être passera comme passe le vent: - Tu frémiras alors dans ta prison étroite, - Et tu déchireras ton suaire en lambeaux.
Que m'importent les tulipes et les roses, puisque par la pitié du Ciel, j'ai, pour moi seul, tout le jardin.
Viens à la joie et chante! Rejette ton habit austère et danse; sinon, va t'asseoir dans ton coin, caché sous des voiles hypocrites.
Ah! j'étendrais mon coeur ainsi qu'un tapis sous tes pas, - Mais je crains pour tes pieds les épines dont tu le perces.
Veux-tu posséder l'alchimie du bonheur? Vis à l'écart des mauvais compagnons.
Et je me suis écrié: «O Fortune, le soleil est levé et tu dors encore!» Et la fortune m'a répondu: «Malgré tout, ne désespère pas!»
Tu m'avais dit: «Abandonne dans mes mains ta vie et tu auras la paix.» J'ai donné ma vie sans regret, mais la paix n'est pas venue.
Donne au vent un bouquet cueilli sur ton visage en fleurs, - Et je respirerai l'odeur des sentiers que tu foules.
J'ai bien peur que les saints qu'on voit se moquer des ivrognes - N'aillent porter un jour leurs prières au cabaret.
Mieux vaut souffrir en silence d'une passion cachée que de se confier à un compagnon. Il est de tels secrets qu'on ne dépose pas en des coeurs pleins de malice.
La flamme de la séparation cruelle me consume tout entier. O vent du soir, rafraîchis-moi de ton haleine, mais que cette haleine soit embaumée de son parfum.
Prends la vie comme tu prends cette coupe, le sourire aux lèvres, même si ton coeur saigne. Ne gémis pas comme un luth et cache tes blessures!
A qui demanderai-je un souvenir de celle qui est partie? Ce qu'a murmuré la brise, avec la brise s'est enfui.
Souviens-toi que le livre sacré n'est exalté par-dessus tous les livres que parce qu'il a subi lui-même l'épreuve du temps.
Veux-tu jouir de la présence divine, ô Hafiz ? Ne t'absente pas un instant de celle de ta bien-aimée. Dès que tes regards la rencontrent, renonce au monde, abandonne-le pour la suivre.
D'un côté le temps de la jeunesse, d'un autre les jardins fleuris. Les roses semblent donner cette bonne nouvelle au rossignol mélodieux.
L'oiseau qui réunit les amants était enfin pris au filet de mon coeur, mais tu dénouas ta chevelure et il s'est envolé derechef.

Œuvres de Chams al-Din Muhammad Hafiz

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