Rien n'est plus dangereux qu'un desposte clément.
Œuvre
Odes
Qui vit esclave est né pour l'être.
... l'art d'en faire les couronnes - N'est pas su de toutes personnes; - Et trois ou quatre seulement - Au nombre desquels on me range, - Peuvent donner une louange - Qui demeure éternellement.
Je suis vaincu du temps; je cède à ses outrages.
J'étends les deux bras: je touche aux deux bouts du Temps.
Tant que sa faveur vous seconde, - Vous êtes les maîtres du monde. - Votre gloire nous éblouit; - Mais, au moindre revers funeste, - Le masque tombe, l'homme reste, - Et le héros s'évanouit.
Bois, Hâfiz, et sois gai: ne fais pas comme l'hypocrite - Qui croit masquer sa ruse en citant bien haut le Koran.
Ta bien-aimée, Hâfiz, sur ta tombe scellée - Peut-être passera comme passe le vent: - Tu frémiras alors dans ta prison étroite, - Et tu déchireras ton suaire en lambeaux.
Ah! j'étendrais mon coeur ainsi qu'un tapis sous tes pas, - Mais je crains pour tes pieds les épines dont tu le perces.
Donne au vent un bouquet cueilli sur ton visage en fleurs, - Et je respirerai l'odeur des sentiers que tu foules.
Raison sans sel est fade nourriture, - Sel sans raison n'est solide pâture. - De tous les deux se forme esprit parfait; - De l'un sans l'autre un monstre contrefait.
J'ai bien peur que les saints qu'on voit se moquer des ivrognes - N'aillent porter un jour leurs prières au cabaret.
Les vers sont enfants de la lyre, - Il faut les chanter, non les dire; - A peine aujourd'hui les lit-on.