Auteur

Cesare Pavese

Un cas où l'injustice tyrannique s'en tire aisément, c'est quand elle est exercée, même effrontément, contre un groupe nettement défini et pas très nombreux.
L'art moderne est - dans la mesure où il vaut quelque chose - un retour à l'enfance. Son thème éternel est la découverte des choses, découverte qui ne peut se produire, sous sa forme la plus pure, que dans le souvenir de l'enfance.
Il est beau d'aller se coucher, parce qu'on se réveille. C'est le moyen le plus rapide d'arriver au matin.
Pourquoi celui qui est vraiment amoureux demande-t-il la continuité, la durée des rapports ? parce que la vie est douleur et l'amour partagé un anesthésique, et qui est-ce qui voudrait se réveiller au milieu d'une opération ?
L'unique joie au monde est de commencer. Il est beau de vivre car vivre c'est commencer, toujours, à chaque instant.
Il est beau de vivre car vivre c'est commencer, toujours, à chaque instant. Quand ce sentiment fait défaut - prison, maladie, habitude, stupidité - on voudrait mourir.
Les célibataires prennent le mariage plus au sérieux que les gens mariés.
Celui qui ne se sauve pas tout seul, personne ne peut le sauver.
D'où l'on apprend que le seul moyen d'échapper à l'abîme, c'est de le regarder, de le mesurer, de le sonder et d'y descendre.
L'appel de la nouveauté est pulsion de vie. Quand ce sentiment fait défaut - prison, maladie, habitude, stupidité - on voudrait mourir.
Au fait ! Maintenant que j'ai atteint la pleine abjection morale, à quoi est-ce que je pense ? Je pense comme ce serait beau si cette abjection était aussi matérielle, si j'avais par exemple des souliers troués.
Au fond, l'unique raison pour laquelle on pense toujours à son moi, c'est que nous devons rester plus continuellement avec notre moi qu'avec n'importe qui d'autre.
Etrange chose, pensais-je, avec les mioches c'est comme avec les adultes : ils en ont assez quand on s'occupe trop d'eux. L'amour est quelque chose qui embête.
Si nous savons que nous pourrons faire une chose, nous sommes satisfaits et nous ne la ferons peut-être même pas.
Il y a une chose plus triste que rater ses idéaux : les avoir réalisés.
Et soyons justes : qu'est d'autre l'amour en soi que la libido d'un gros singe ?
Il est beau d'écrire parce que cela réunit les deux joies : parler tout seul et parler à une foule.
Depuis pas mal de temps, je m'étais habitué à ne pas bouger, à laisser le monde devenir fou.
Derrière les cultures et les routes, derrière les maisons humaines, sous mes pieds, le vieux coeur indifférent de la terre couvait dans l'obscurité, vivait en ses ravins, ses racines, ses choses secrètes, les peurs de l'enfance.
Nous sommes au monde par hasard, dis-je. Père, mère, enfants, tout vient par hasard. Inutile de pleurer. On naît et on meurt seuls...

Œuvres de Cesare Pavese

Avant que le coq chante (1949)Journal intimeLe Métier de vivre (1952)