Œuvre

Avant que le coq chante (1949)

Etrange chose, pensais-je, avec les mioches c'est comme avec les adultes : ils en ont assez quand on s'occupe trop d'eux. L'amour est quelque chose qui embête.
Depuis pas mal de temps, je m'étais habitué à ne pas bouger, à laisser le monde devenir fou.
Derrière les cultures et les routes, derrière les maisons humaines, sous mes pieds, le vieux coeur indifférent de la terre couvait dans l'obscurité, vivait en ses ravins, ses racines, ses choses secrètes, les peurs de l'enfance.
Nous sommes au monde par hasard, dis-je. Père, mère, enfants, tout vient par hasard. Inutile de pleurer. On naît et on meurt seuls...