L'harmonie a fait perdre la raison aux hommes, n'ont-ils pas crus que Dieu aussi en était ravi ! Il y a même eu des philosophes pour croire que les mouvements célestes composent une harmonie.
Auteur
Baruch Spinoza
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Les hommes, donc, se trompent en ce qu'ils pensent être libres ; et cette opinion consiste uniquement pour eux à être conscients de leurs actions, et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés.
Chaque chose, selon sa puissance d'être s'efforce de persévérer dans son être.
Il semble donc que les hommes sont beaucoup plus prêts à la vengeance qu'à rendre un bienfait.
Ainsi, nous sommes agités de bien des façons par les causes extérieures et, pareils aux flots de la mer agités par des vents contraires, nous flottons, inconscients de notre sort et de notre destin.
L'homme soumis aux sentiments ne dépend pas de lui-même, mais de la fortune, dont le pouvoir sur lui est tel qu'il est souvent contraint de faire le pire même s'il voit le meilleur.
Dans la mesure où les hommes sont soumis aux passions, on ne peut pas dire qu'ils s'accordent par nature.
La gaîté ne peut être excessive, mais est toujours bonne ; la mélancolie, au contraire, est toujours mauvaise.
Les sentiments d'espoir et de crainte ne peuvent être bons par eux-mêmes.
La satisfaction intérieure est en réalité ce que nous pouvons espérer de plus grand.
Qui est conduit par la crainte et fait le bien pour éviter le mal, n'est pas conduit par la Raison.
Si les hommes naissaient libres, ils ne formeraient aucun concept du bien et du mal, aussi longtemps qu'ils seraient libres.
Dans la vie, il est avant tout utile de parfaire l'entendement, autrement dit la Raison, autant que nous le pouvons, et en cela seul consiste la souveraine félicité ou béatitude de l'homme.
Les facultés d'un seul homme sont trop limitées pour qu'il puisse se lier d'amitié avec tous.
Aussi est-il certain que les plus avides de gloire sont ceux qui crient le plus sur le mauvais usage qu'on en fait et sur la vanité du monde.
Dieu est exempt de passions et n'est affecté d'aucun sentiment de joie ou de tristesse.
Qui aime Dieu ne peut faire effort pour que Dieu l'aime à son tour.
L'esprit ne peut rien imaginer et ne peut se souvenir des choses passées que pendant la durée du corps.
L'esprit humain ne peut être absolument détruit avec le corps, mais il en subsiste quelque chose qui est éternel.
Plus nous comprenons les choses singulières, plus nous comprenons Dieu.
Aucun amour, sauf l'amour intellectuel, n'est éternel.
Dieu s'aime lui-même d'un amour intellectuel infini.
Le sage, - considéré comme tel, - dont l'âme s'émeut à peine, mais qui, par une certaine nécessité éternelle, est conscient de lui-même, de Dieu et des choses, ne cesse jamais d'être, mais possède toujours la vraie satisfaction de l'âme.
Par sentiments, j'entends les affections du corps, par lesquelles la puissance d'agir de ce corps est augmentée ou diminuée, aidée ou contenue, et en même temps les idées de ces affections.
Les actions de l'esprit naissent des seules idées adéquates ; et les passions dépendent des seules idées inadéquates.
Œuvres de Baruch Spinoza
Court traité sur Dieu, l'homme et la béatitude (1660), II, 5, De l'amourEthiqueEthique, IVL'EthiqueL'Ethique (1677)L'Ethique (1677), Livre IL'Ethique (1677), Livre IIL'Ethique (1677), Livre IIIL'Ethique (1677), Livre IVL'Ethique (1677), Livre VL'Ethique, Livre IIL'Ethique, Livre IIIL'Ethique, Livre VOeuvres complètesPrincipes de la philosophie de Descartes (1663)Tractatus theologico politicus (1670)Traité de la réforme de l'entendement (1661)Traité politique (1677)Traité politique, chapitre I, introductionTraité sur la réforme de l'entendement