Auteur

Augusta Amiel-Lapeyre

Les vieillards aiment les sucreries; ils ont absorbé tant d'amertumes!
«Un grand coeur ! » Est-ce parce qu'il ne contient souvent qu'une seule affection que nous le désignons ainsi ?
C'est quand arrive l'âge de demander à la vie de s'arrêter qu'elle reprend plus rapidement sa marche.
Paris est aussi le refuge discret des familles déchues ou amoindries par le malheur.
L'homme éveillé choisit ses rêves. Celui qui dort les subit.
A la rencontre des douleurs morales, nos souffrances physiques recherchent l'appui des vieux murs familiers.
Pareille à un chien de chasse racé, la femme mauvaise est douée d'un flair particulier pour découvrir un bonheur caché et le détruire.
Celui qui est grandi la douleur trouve son fond de douceur dans son mal : c'est la souffrance dorée.
L'échelle sur laquelle monte notre âme est toujours dressée par la souffrance.
La femme a la mémoire du coeur : l'homme plutôt celle des yeux.
La femme dit Je t'aime. L'homme dit Aime-moi.
Le fort déverse sa colère sur celui qui la fait naître. Le faible la répand sur plus faible que lui.
L'homme ne connaît pas l'homme ; et souvent ne veut même pas le connaître : d'où les conflits qui déchirent le monde.
Se recueillir profondément dans la solitude c'est donner une âme à cette solitude.
Chaque âme rend un son particulier. C'est la rencontre de ces sons qui produit l'harmonie... ou le désaccord.
Les heures qui peuvent contenir les plus grandes choses sont les plus courtes.
Le confessionnal c'est la boîte aux lettres de la conscience.
Ne cherche pas à abriter tes maux près des grandes joies... ni des grandes peines.
Au déclin de la vie, les gradins qui invitent l'homme à descendre ne sont pas d'égale hauteur.
C'est quand le corps est entre quatre murs que l'esprit fait ses plus lointains voyages.
Entre femmes il est de ces petites amitiés qui prennent comme la poudre et s'éteignent avec la même rapidité : ce sont les fusées du coeur.
A la campagne, les jours de pluie et de bourrasque, si notre oisiveté le permet, nous abritons notre ennui au fond de notre Moi... où d'ailleurs nous trouvons parfois d'autres rafales.
Le sens chrétien est l'oxygène de l'âme.
Les nouveaux riches de la pensée puisent sans discernement dans les trésors littéraires du passé.
L'amitié mal cultivée est envahie par les broussailles.

Œuvres de Augusta Amiel-Lapeyre

Pensées sauvages (1909)Pensées sauvages (1923)Pensées sauvages. Suite de la deuxième série... (1935)