L'absence de finalité donnée à la vie est devenue une condition de l'action.
La formule la plus simple de l'amour : tu m'es nécessaire.
Le sens de la vie était le bonheur et il s'était occupé, crétin, d'autre chose que d'être heureux !
La culture, c'est l'ensemble des formes qui ont été plus fortes que la mort.
Presque tous les écrivains que je connais aiment leur enfance, je déteste la mienne.
Les fascistes, au fond, croient toujours à la race de celui qui commande. Ce n'est pas parce que les Allemands sont racistes qu'ils sont fascistes, c'est parce qu'ils sont fascistes qu'ils sont racistes.
Vouloir connaître une femme, n'est-ce pas, c'est toujours une façon de la posséder ou de se venger d'elle.
Pour l'intellectuel, le chef politique est nécessairement un imposteur puisqu'il enseigne à résoudre les problèmes de la vie en ne les posant pas.
La nature de la mémoire détermine les gens ; ceux à qui elle apporte des souvenirs heureux et ceux à qui elle impose des souvenirs pénibles sont presque aussi différents que les hommes et les femmes.
Pour l'essentiel, l'homme est ce qu'il cache : un misérable petit tas de secrets.
Le trépas ne m'intéresse pas, je n'ai pas du tout peur d'être tué ou de mourir. Ce qui m'intéresse, c'est ce que Kierkegaard appelle le scandale. Le fait irréductible, lui, m'intéresse, pas le décor.
La rivière du temps chronologique se perd dans le temps de l'art, sans aval, sans amont, comme dans un lac aux rives inconnues.
Celui qui cherche aussi âprement l'absolu ne le trouve que dans la sensation.
Cette affection profonde qui n'a besoin de rien expliquer.
Autrement dit, le droit à la culture, c'est purement et simplement la volonté d'y accéder.
Tout vieillard est un aveu, allez, et si tant de vieillards sont vides c'est que tant d'hommes l'étaient et le cachaient.
Si on ne croit à rien, surtout si on ne croit à rien, on est obligé de croire aux qualités du coeur quand on les rencontre, ça va de soi. Et c'est ce que tu fais.
Celui qui se tue court après une image qu'il s'est formée de lui-même : on se tue pour exister.
Il me semble maintenant beaucoup plus âgé que moi : on ne voit vieillir que les autres.
On peut aimer que le sens du mot art soit : tenter de donner conscience à des hommes de la grandeur qu'ils ignorent en eux.
Ferral haussa les épaules. Mais déjà un gosse, réveillé lui aussi, arrivait, le kangourou dans ses bras. C'était un animal de très petite taille, velu, qui regarda Ferral de ses yeux de biche épouvantée.
Les artistes inventent le rêve, les femmes l'incarnent.
Etrange sensation que l'angoisse : on sent au rythme de son coeur qu'on respire mal, comme si l'on respirait avec le coeur...
Gisors : si tant de vieillesses sont vides, c'est que tant d'hommes l'étaient et le cachaient.
Celui qui se tue court après une image qu'il s'est forgée de lui-même : on ne se tue jamais que pour exister.
Œuvres de André Malraux
A la Conférence des Pays Francophones, Niamey, 17 février 1969.Allocution au Congrès de l'Oeuvre du XXe siècle, 31 mai 1952.Antimémoires (1967)ApocrypheCité par Georges Duthuit dans Le Musée inimaginable (1956).Cité par Guy Suarès dans Malraux, celui qui vient (1979).Cité par Jean-François Deniau.Cité par Roger Stéphane dans Toutes choses ont leur saison (1979).Discours, Inauguration de la Maison de la Culture de Grenoble, 13 février 1968Discours, à l'Assemblée Nationale, 29 décembre 1945.Discours, à l'inauguration de la Maison de la culture d'Amiens, 19 mars 1966.Discours, à l'inauguration de la maison de la culture de Bourges, avril 1964Discours, à la Chambre des députés, 1945Esquisse d'une psychologie du cinéma (1946)Interview dans L'Express, 7 juin 1976.Interview à Pierre Desgraupes, Le Point, 10 novembre 1975L'Espoir (1937)L'Homme précaire et la Littérature (1977)L'Homme précaire et la Littérature (1977)La Condition humaine (1933)