Auteur

Anaïs Nin

Si l'on change intérieurement, on ne doit pas continuer à vivre avec les mêmes objets.
Elle commence, la vie, quand on est grand, sans parents pour la former.
La chair contre la chair produit un parfum, mais le frottement dans des mots n'engendre que souffrance et division.
Notre vie est pour une grande part composée de rêves. Il faut les rattacher à l'action.
Les hommes sont-ils morts aujourd'hui parce qu'ils ont falsifié les principes de la vie, ou bien ont-ils falsifié les principes de la vie parce qu'ils étaient déjà morts, afin d'obtenir l'illusion de vivre en manipulant la vie?
L'adolescence est comme un cactus.
La vie commence quand on est grand, sans parents pour la former.
Si je ne faisais rien de bon, je méritais d'être pendue ; ce travail était nourri du journal de toute une vie, un véritable presse-citron, qui sait rejeter les pépins et l'écorce.
A la racine du mensonge se trouve l'image idéalisée que nous avons de nous-mêmes et que nous souhaitons imposer à autrui.
Je ne suis qu'un fragment soyeux de femme.
L'ennemi de l'amour n'est jamais à l'extérieur, ce n'est pas tel homme ou telle femme, c'est ce qui nous manque intérieurement.
Un chagrin m'a fait construire une caverne pour me protéger, mon journal.
L'unique sortilège contre la mort, la vieillesse, la vie routinière, n'est-il pas l'amour ?
Nous sommes cruels lorsque quelqu'un refuse de jouer le rôle que nous lui avons attribué. Nous ne jugeons un être que suivant la relation qu'il a avec nous.
La culpabilité qui accompagne souvent ceux qui ne travaillent pas, qui ne créent rien, peut être plus terrible et destructrice que la discipline et le sacrifice du travail et de la création.
Et puis n'oubliez pas que les rêves engendrent les rêves.
Ne cherche pas les parce que - en amour il n'y a pas de parce que, de raison, d'explication, de solutions.
Le monde d'aujourd'hui a perdu ses racines. C'est une grande forêt où les arbres seraient plantés la tête en bas. Leurs racines gesticulent furieusement en l'air et elles se dessèchent.
La vie seule ne peut satisfaire l'imagination.
L'angoisse tue l'amour à coup sûr. Elle cause les échecs. Elle donne aux autres l'impression que vous auriez si un noyé se raccrochait à vous. Vous voulez le sauver, mais vous savez qu'il va vous étrangler avec sa peur panique.
L'amour ne meurt jamais de mort naturelle. Il meurt parce que nous ne savons pas revenir à sa source. Il meurt d'aveuglement, d'erreurs et de trahisons. Il meurt de maladie et de blessures ; il meurt de lassitude, il dépérit et se ternit.
Tout autour de moi je constate qu'un seul amour ne suffit pas, deux non plus. Les femmes que je connais cherchent à ajouter un amour à l'autre, puis, lorsque cela ne les comble pas, elles deviennent les grandes amoureuses de la terre entière.
Nous sommes à nous-mêmes les plus sévères des juges. Nous jugeons non seulement nos actes, mais nos pensées, nos intentions, nos hontes secrètes, nos haines.
Comme tous les amoureux, ils étaient persuadés que ce qui menaçait l'amour ne pouvait venir que du monde, que de l'extérieur ; ils ne soupçonnaient pas que le germe de sa mort pût se trouver à l'intérieur d'eux-mêmes.
Le rôle de l'artiste ne consiste pas à dire ce que nous pouvons tous dire, mais ce que nous sommes incapables de dire.

Œuvres de Anaïs Nin

Henry et June (Cahiers secrets) (1986)Journal (1933)Journal (1979)Journal 1931-1934Journal 1939-1944Journal 1944-1947Journal 1947-1955Journal d'enfance (1914-1919)Journal de l'Amour (2003)Les Chambres du coeur (1950)Les Miroirs dans le jardin (1946)Une espionne dans la maison de l'amour (1954)