Auteur

Alfred de Musset

A père avare, dit-on, fils prodigue; à parents économes, enfant dépensier.
Ce fut comme une dénégation de toutes choses du ciel et de la terre, qu'on peut nommer désenchantement, ou, si l'on veut désespérance; comme si l'humanité en léthargie avait été crue morte par ceux qui lui tâtaient le pouls.
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, - Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Je n'aimais qu'elle au monde, et vivre un jour sans elle - Me semblait un destin plus affreux que la mort.
Un calembour console de bien des chagrins.
Rendre un jeune homme amoureux de soi, uniquement pour détourner sur lui les soupçons tombés sur un autre ...
La valse d'un coup d'aile a détrôné la danse.
Il était à peine connu d'elles; aussi l'eurent-elles bientôt dévisagé des pieds à la tête.
A quoi sert de se quereller, quand le raccommodement est impossible? Le plaisir des disputes, c'est de faire la paix.
La réalité n'est qu'une ombre. Appelle imagination ou folie ce qui la divinise.
Tu ne seras qu'un objet de risée; tu chercheras en vain une rue déserte où ceux qui passent ne te montrent pas au doigt.
Quand je t'aimais, pour toi j'aurais donné ma vie. - Mais c'est toi, de t'aimer, toi, qui m'ôtas l'envie.
Tu as bu, Grémio, tu vois double.
L'esprit du doute, suspendu sur ma tête, venait de me verser dans les veines une goutte de poison; la vapeur m'en montait au cerveau, et je chancelais à demi dans un commencement d'ivresse malfaisante.
Que cette idée ne vous vienne jamais de paraître douter de vous, car aussitôt tout le monde en doute.
Je lui demandai mon chemin - Il tenait un luth d'une main, - De l'autre un bouquet d'églantine.
Je n'y comprends rien; mes idées s'embrouillent tout à fait.
Si vous croyez que je vais dire - Qui j'ose aimer - Je ne saurais pour un empire, - Vous la nommer.
Sa beauté m'enivrait, je n'aimais qu'elle au monde.
Comprends-tu que dix ans ce lien nous enlace, - Qui ne fasse dix ans qu'un seul être de deux, - Puis tout à coup se brise ...
Quand je t'aimais, pour toi j'aurais donné ma vie. - Mais c'est toi, de t'aimer, toi, qui m'ôtas l'envie.
Pensez-vous que je sois un mannequin, et que je me promène sur la terre pour servir d'épouvantail aux oiseaux?
Pourquoi donc, ô Maître suprême! - As-tu créé le mal si grand, - Que la raison, la vertu même, - S'épouvante en le voyant?
Comment l'homme est-il assez insensé pour quitter cette vie tant qu'il n'a pas épuisé toutes ses chances de bonheur?
Comme une pâle étoile au fond du firmament, - Ainsi brille en tremblant le regard de la mie.

Œuvres de Alfred de Musset

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