Auteur

Alexandra David-Neel

Négliger les petites choses sous prétexte qu'on voudrait en faire des grandes, c'est l'excuse des lâches.
Ce qu'il faut chercher et trouver c'est la douceur sereine d'une inébranlable paix.
Il faut se garder de vouloir uniformiser les mentalités.
Il fait froid, parce que l'on regarde là où il n'y a pas de chaleur.
A l'origine de toute connaissance, nous rencontrons la curiosité ! Elle est une condition essentielle du progrès.
On ne saurait prendre les questions de trop loin lorsqu'on veut se livrer à une étude sérieuse.
L'anniversaire de naissance n'est, en somme, que la commémoration de la farce sinistre que nous ont faite nos parents en nous mettant au monde.
Une âme élevée se réjouit peu, ne s'afflige jamais, et, dans toute chose ne laisse paraître aucun signe de joie ou de tristesse.
J'ai endossé des vêtements qui m'ont déguisée mais sous eux, le petit moi qu'ils gênaient est toujours lui-même et je le retrouve avec tant de joie.
Le monde n'était qu'une fresque peinte sur le vide...
Le mystère ne doit pas être approché, si l'on veut que son sortilège subsiste.
Ne crie pas que tu donnerais ta vie pour tes principes, pour la vérité ; mais tâche de ne jamais mentir.
L'obéissance, c'est la mort. Chaque instant dans lequel l'homme se soumet à une volonté étrangère est un instant retranché de sa vie.
Que chacun suive en tout, partout et toujours l'impulsion de sa nature bornée ou géniale, quelle qu'elle soit. Alors, seulement, l'homme saura ce que c'est que vivre, au lieu de mépriser la vie sans jama
Il fait froid et triste quand on demande aux êtres de vous être un soutien , de vous réchauffer, d'alléger le fardeau de misère inhérente à toute existence. Nul d'eux n'a réellement le souci de le faire, nul d'eux ne le peut vraiment. C'est en soi qu'il faut cultiver la flamme qui réchauffe, c'est sur soi qu'il faut s'appuyer.
Les sages ce sont ceux qui ont compris que de ce que le commun des êtres appelle la vie il n'y a rien à tirer que froid et tristesse et qui sont partis avec leur pensée, en quête d'autre chose ... d'autre chose qui est au-delà du froid et du chaud, du rire et des larmes. Ils l'ont trouvé. Pourquoi d'autres, pourquoi nous-mêmes ne le trouverions-nous pas ?
Les vrais compagnons, ce sont les arbres, les brins d'herbe, les rayons du soleil, les nuages qui courent dans le ciel crépusculaire ou matinal, la mer, les montagnes. C'est dans tout cela que coule la vie, la vraie vie, et l'on n'est jamais seules quand on sait la voir et la sentir.
Mon petit bien cher, je suis née une sauvage et une solitaire et ces dispositions ont crû tout le long des ans que j'ai vécus. Je leur dois des joies que je n'aurais jamais connues sans elles.
Souffrir est absurde et laid. Toute souffrance est un désordre... Mieux vaut s'accommoder des choses ou les briser que de pleurer à la lune. Est-il besoin, pour un homme, d'avoir une compagne effacée, sentimentale et sans volonté, pour être heureux ?
J'ai tant lutté pour la vie, pour ma vie, tant rêvé à des heures de beauté remplies d'esthétiques gestes et tant vu s'envoler les châteaux de nuages de ma fantaisie que j'en suis lasse. Aujourd'hui je suis laide, vieille et pauvre, fini l'espoir, et je ne me résigne pas à comme tu me l'as trop répété, descendre la pente qui mène au trou noir.
Les êtres ont droit au bonheur, si l'on peut parler de droit ici. Je veux dire qu'ils ont l'instinct du bonheur comme ils ont celui de manger, car qu'est-ce que le bonheur sinon la satisfaction, d'un besoin de notre organisme, besoin matériel ou mental.
Nous sommes absurdes de trouver mauvais que tel être cherche son bonheur de telle manière qui correspond à l'étoffe dont il est fait. Les vieux principes, la hiérarchie des pensées et des actes, toute l'échelle du Bien et du Mal nous tient trop encore et les plus affranchis d'être nous ne peuvent guère se défendre de jauger selon leur catalogue propre les gestes d'autrui.
Oh! les dogmes, les devoirs, l'idéal, quelles sources de tortures!… On veut être ceci, on veut que ceux qui vous approchent soient cela et, ni soi ni les autres ne ressemblent au modèles rêvé…
On est toujours, pour une part l'artisan de ses ennuis. J'ai manqué de vaillance, de fierté. Je me suis laissée aller quand il aurait fallu me redresser et retourner à la lutte avec, dans le coeur, cette bravoure intime sans laquelle il n'est pas de vraie joie.
Choisissez une étoile, ne la quittez pas des yeux. Elle vous fera avancer loin, sans fatigue et sans peine.

Œuvres de Alexandra David-Neel

Flâner entre les intervallesJournal de voyageJournal de voyage (1975-1976)La Lampe de sagesse (1986)La Puissance du néant (1954)Pour la vieSortilèges du mystère (1972)Voyages et aventures de l'esprit