Il fait froid et triste quand on demande aux êtres de vous être un soutien , de vous réchauffer, d'alléger le fardeau de misère inhérente à toute existence. Nul d'eux n'a réellement le souci de le faire, nul d'eux ne le peut vraiment. C'est en soi qu'il faut cultiver la flamme qui réchauffe, c'est sur soi qu'il faut s'appuyer.
❧
Nous sommes absurdes de trouver mauvais que tel être cherche son bonheur de telle manière qui correspond à l'étoffe dont il est fait. Les vieux principes, la hiérarchie des pensées et des actes, toute l'échelle du Bien et du Mal nous tient trop encore et les plus affranchis d'être nous ne peuvent guère se défendre de jauger selon leur catalogue propre les gestes d'autrui.
◆
À lire aussi de Alexandra David-Neel
L'obéissance, c'est la mort. Chaque instant dans lequel l'homme se soumet à une volonté étrangère est un instant retranché de sa vie.
Que chacun suive en tout, partout et toujours l'impulsion de sa nature bornée ou géniale, quelle qu'elle soit. Alors, seulement, l'homme saura ce que c'est que vivre, au lieu de mépriser la vie sans jama
Oh ! Cette dernière chaîne de l'Himalaya, le dernier col très large qui s'inclinait vers une pente descendant à la steppe immense, déserte, où s'érige, sentinelle puérile mais émouvante, le fortin de la première ville tibétaine… Moi, je serais restée là des jours… des mois peut-être et parfois la folle envie me prend de louer des yacks, d'emmener deux ou trois serviteurs tibétains plus robustes que les miens et de remonter là-haut pour revoir… voir mieux, davantage, cela que je ne reverrai jamais…
On ne saurait prendre les questions de trop loin lorsqu'on veut se livrer à une étude sérieuse.
Dans la même œuvre
Il fait froid et triste quand on demande aux êtres de vous être un soutien , de vous réchauffer, d'alléger le fardeau de misère inhérente à toute existence. Nul d'eux n'a réellement le souci de le faire, nul d'eux ne le peut vraiment. C'est en soi qu'il faut cultiver la flamme qui réchauffe, c'est sur soi qu'il faut s'appuyer.
Les sages ce sont ceux qui ont compris que de ce que le commun des êtres appelle la vie il n'y a rien à tirer que froid et tristesse et qui sont partis avec leur pensée, en quête d'autre chose ... d'autre chose qui est au-delà du froid et du chaud, du rire et des larmes. Ils l'ont trouvé. Pourquoi d'autres, pourquoi nous-mêmes ne le trouverions-nous pas ?
Les vrais compagnons, ce sont les arbres, les brins d'herbe, les rayons du soleil, les nuages qui courent dans le ciel crépusculaire ou matinal, la mer, les montagnes. C'est dans tout cela que coule la vie, la vraie vie, et l'on n'est jamais seules quand on sait la voir et la sentir.
Mon petit bien cher, je suis née une sauvage et une solitaire et ces dispositions ont crû tout le long des ans que j'ai vécus. Je leur dois des joies que je n'aurais jamais connues sans elles.
Souffrir est absurde et laid. Toute souffrance est un désordre... Mieux vaut s'accommoder des choses ou les briser que de pleurer à la lune. Est-il besoin, pour un homme, d'avoir une compagne effacée, sentimentale et sans volonté, pour être heureux ?