En pleine mer, à des milles de tout lieu habité, nous sommes soudain dans l'étrange monde d'une industrie à la fois parfaitement mécanisée et primitivement sauvage. Dans un cirque de monstres affamés. Cramponné au-dessus de l'invisible, chacun danse à son cap, séparé du butin par une masse d'eau secouée.
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Au-dessus de nous, l'espace ; au-dessous, un miroir ; la surface des eaux est pareille au regard de beaux yeux ouverts ; on s'y perd sans comprendre. La surface des eaux demeure l'éternel miroir, elle réfléchit le ciel et garde son intégrité.
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Au-dessus de nous, l'espace ; au-dessous, un miroir ; la surface des eaux est pareille au regard de beaux yeux ouverts ; on s'y perd sans comprendre.
C'est vrai, on n'habite pas Dakar. On y arrive, ou bien on la quitte, ou bien on s'y trouve en transit. Moi, j'y étais comme les autres, en transit – en instance d'ailleurs.
La surface des eaux demeure l'éternel miroir, elle réfléchit le ciel et garde son intégrité. En se penchant vers l'épaisseur des eaux, chacun n'y verra que le reflet de lui-même ; en se relevant, son regard se perdra dans le cercle d'horizon.
Un bateau de pêche détecte le poisson, le capture, et le tue. Un bateau de pêche est un chasseur et un usinier, jamais il n'est un producteur. Personne jusqu'à présent n'a pu augmenter ou améliorer le cheptel océanique. Je sais qu'en avançant cela, je me dresse contre une habitude de langage courant. Mais j'aime pouvoir accorder la pensée à la vérité ; aujourd'hui, cette vérité me saute aux yeux
Dans la même œuvre
Parfois l'épreuve de l'absence tourmente les équipages. On espère des nouvelles, en même temps on les craint.
Toute une province à la fois ancestrale ment maritime et solidement paysanne est venue s'imposer à nous, et à chaque évocation de la famille et du port fait croire à a stabilité des choses. Ce courrier qui vient de nous être apporté, c'est la terre, la seule, la vraie : la terre qui porte la maison.
Au-dessus de nous, l'espace ; au-dessous, un miroir ; la surface des eaux est pareille au regard de beaux yeux ouverts ; on s'y perd sans comprendre.
La surface des eaux demeure l'éternel miroir, elle réfléchit le ciel et garde son intégrité.
La mer nous a pris. Elle est verte, grise, noire, crêtée de blanc, elle nous ramasse sur son dos d'un coup de rein comme une bête habituée à ses parasites et nous jaillissons à sa cadence. C'est elle qui choisit son allure. Si elle rue, on se cramponne et ça repart.