Œuvre

Racleurs d'océans (1993)

La vie aime les masques, l'entêtement aveugle, les conventions, la tenue. Et moi aussi: je suis une brute correcte, savonnée, briquée, peignée! C'est un masque; sous le masque mon esprit est noyé d'incertitudes; il s'élance, se reprends, essaie de comprendre, s'avoue incapable. dessus, le masque tient bon.
La vie aime les masques, l'entêtement aveugle, les conventions, la tenue.
Ils ont suivi la lumière, son étrange modification à travers des couches d'eau qui sont comme autant de filtres, et ils sont revenus à notre existence quotidienne avec des regards de songe et la nostalgie d'un corps délié des lois aériennes de la pesanteur.
En prenant son poste chaque homme sent la nécessité d'un minimum de droiture, et progressivement il s'initie à l'orgueil d'une servitude qui est une obligation vitale : ne faire que du bon travail, ou alors accepter le risque de crever comme un animal incapable jeté à l'eau. Il n'y a guère de demi-mesure en océan... On flotte, ou bien on ne flotte pas ! C'est tout.
Il n'y a guère de demi-mesure en océan... On flotte, ou bien on ne flotte pas ! C'est tout.
Sur le sol terrestre, aujourd'hui, on produit, méthodiquement. Dans le milieu océanique on exploite, aveuglément.
Un bateau de pêche détecte le poisson, le capture, et le tue. Un bateau de pêche est un chasseur et un usinier, jamais il n'est un producteur. Personne jusqu'à présent n'a pu augmenter ou améliorer le cheptel océanique. Je sais qu'en avançant cela, je me dresse contre une habitude de langage courant. Mais j'aime pouvoir accorder la pensée à la vérité ; aujourd'hui, cette vérité me saute aux yeux