Choisir, toujours choisir, implique constamment la multiplicité et la démesure des choses. Ici, on ne choisit pas, on subit des situations indiscutables. On n'efface pas les approches de l'orage: on le prévoit, et l'ayant prévu, on gouverne en conséquence.
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La mer nous a pris. Elle est verte, grise, noire, crêtée de blanc, elle nous ramasse sur son dos d'un coup de rein comme une bête habituée à ses parasites et nous jaillissons à sa cadence. C'est elle qui choisit son allure. Si elle rue, on se cramponne et ça repart.
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En prenant son poste chaque homme sent la nécessité d'un minimum de droiture, et progressivement il s'initie à l'orgueil d'une servitude qui est une obligation vitale : ne faire que du bon travail, ou alors accepter le risque de crever comme un animal incapable jeté à l'eau. Il n'y a guère de demi-mesure en océan... On flotte, ou bien on ne flotte pas ! C'est tout.
L'exaltation physique réduit l'hésitation de l'esprit.
Parfois l'épreuve de l'absence tourmente les équipages. On espère des nouvelles, en même temps on les craint.
Ils ont suivi la lumière, son étrange modification à travers des couches d'eau qui sont comme autant de filtres, et ils sont revenus à notre existence quotidienne avec des regards de songe et la nostalgie d'un corps délié des lois aériennes de la pesanteur.
Dans la même œuvre
Parfois l'épreuve de l'absence tourmente les équipages. On espère des nouvelles, en même temps on les craint.
Toute une province à la fois ancestrale ment maritime et solidement paysanne est venue s'imposer à nous, et à chaque évocation de la famille et du port fait croire à a stabilité des choses. Ce courrier qui vient de nous être apporté, c'est la terre, la seule, la vraie : la terre qui porte la maison.
Au-dessus de nous, l'espace ; au-dessous, un miroir ; la surface des eaux est pareille au regard de beaux yeux ouverts ; on s'y perd sans comprendre. La surface des eaux demeure l'éternel miroir, elle réfléchit le ciel et garde son intégrité.
Au-dessus de nous, l'espace ; au-dessous, un miroir ; la surface des eaux est pareille au regard de beaux yeux ouverts ; on s'y perd sans comprendre.
La surface des eaux demeure l'éternel miroir, elle réfléchit le ciel et garde son intégrité.