Influence du vent, cadences des marées, multiplicité des estuaires, volumes des pluies sont évidemment les bases essentielles du jeu des courants et de leurs lignes de friction qui changent plusieurs fois par jour, et chacun est sûr, ici, que tout cela est habité par des forces conscientes, bénéfiques ou maléfiques.
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L'exaltation physique réduit l'hésitation de l'esprit.
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Ils ont suivi la lumière, son étrange modification à travers des couches d'eau qui sont comme autant de filtres, et ils sont revenus à notre existence quotidienne avec des regards de songe et la nostalgie d'un corps délié des lois aériennes de la pesanteur.
La surface des eaux demeure l'éternel miroir, elle réfléchit le ciel et garde son intégrité. En se penchant vers l'épaisseur des eaux, chacun n'y verra que le reflet de lui-même ; en se relevant, son regard se perdra dans le cercle d'horizon.
Il n'y a guère de demi-mesure en océan... On flotte, ou bien on ne flotte pas ! C'est tout.
C'est vrai, on n'habite pas Dakar. On y arrive, ou bien on la quitte, ou bien on s'y trouve en transit. Moi, j'y étais comme les autres, en transit – en instance d'ailleurs.
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A longs coups de pagaies en arrière et en sciant, les hommes tentent de freiner. Moi, avec mon harpon serré sur le coeur, je me sens vraiment un poids inutile, je n'agis plus. Autour de moi l'air est devenu flou, la pirogue vole dans un rêve.
La honte me brûle le visage : c'est ça l'inconnu, le pouvoir de l'inconnu. Il vous appelle, on s'élance, on s'élance pour le rejoindre, il fuit…
C'est vrai, on n'habite pas Dakar. On y arrive, ou bien on la quitte, ou bien on s'y trouve en transit. Moi, j'y étais comme les autres, en transit – en instance d'ailleurs.
En poursuivant le rêve que je viens d'atteindre sans le saisir, je pensais avoir murmuré des syllabes qui lui donnaient sa vérité : ô Afrique noire, j'aimais l'évocation de ta puissance énorme et sombre, embrasée d'un éternel soleil, et mon désir centré sur l'unité d'un nom appelait un seul être qui n'aurait eu qu'un seul visage. En t'approchant, j'ai fait comme partout au monde, j'en ai vu mille, et chacun d'eux en masquait mille autres… Sans doute je n'oublierai jamais le premier accostage à travers les barres écumeuses de l'Atlantique ni le premier sommeil sur le sable.
En poursuivant le rêve que je viens d'atteindre sans le saisir, je pensais avoir murmuré des syllabes qui lui donnaient sa vérité : ô Afrique noire, j'aimais l'évocation de ta puissance énorme et sombre, embrasée d'un éternel soleil, et mon désir centré sur l'unité d'un nom appelait un seul être qui n'aurait eu qu'un seul visage.