Ça a commencé comme ça, voilà ce qu'il faut montrer : le début de l'amour, comment c'est, la peur que c'est. Il faut le montrer parce qu'ensuite on l'oublie, il y a une ellipse, un blanc pareil au trou de mémoire creusé dans le début de la vie : on passe tout de suite aux photos de famille et aux goûters d'anniversaire, maman et ses bras, et l'ours en peluche. On oublie la naissance, on oublie qu'on a eu froid, qu'on a eu mal, qu'on a eu peur, on ne veut pas le savoir.

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Que les mots suscitent des émotions violentes, des sentiments comme la tendresse et la pitié, c'est déjà beaucoup, mais qu'ils touchent ainsi le corps, le fond du ventre qu'ils nous amènent à sangloter, à rire, à désirer, il faut le vivre pour le croire.
Enseignante. En saignant aussi, quelquefois.
On écrit pour garder la preuve, c'est tout. Les livres sont faits de ces souvenirs qui s'entassent comme les feuilles d'arbres deviennent la terre. Des pages d'humus.
Certaines femmes comprennent cela. Que mourir est leur seul moyen de se faire aimer.
Pour les gens comme moi, Internet est à la fois le naufrage et le radeau : on se noie dans la traque, dans l'attente, on ne peut pas faire son deuil d'une histoire pourtant morte, et en même temps on surnage dans le virtuel, on s'accroche aux présences factices qui hantent la Toile, au lieu de se déliter on se relie.
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Dans la même œuvre

Certaines femmes comprennent cela. Que mourir est leur seul moyen de se faire aimer.
L’amour commence comme il finira, il finit comme il a commencé, par cet effroi qui serre le cœur autour d’un vide, cet appel d’air entravé qui coupe le souffle comme un appel à l’aide, ce mouvement d’accordéon intime qui inspire et expire, diastole et systole, chaud-froid, pompe affolée.
On n'oublie jamais ceux qu'on aime. Tout passe tout s'efface hors le souvenir. L'amitié et l'amour les pleureront toujours. Le temps passe les souvenirs restent.
L'amour, c'est vivre dans l'imagination de quelqu'un .
Ce qui empêche tout, c'est la peur. Pourquoi avons nous tellement peur de l'amour ?