Vanessa, auprès de moi, reposait comme vidée de son sang, la tête fauchée par un sommeil sans rêves Gracq Julien

Vanessa, auprès de moi, reposait comme vidée de son sang, la tête fauchée par un sommeil sans rêves ; écartelée comme une accouchée, elle fléchissait le lit appesanti. Elle était la floraison germée à la fin de cette pourriture et de cette fermentation stagnante – la bulle qui se rassemblait, qui se décollait, qui cherchait l’air dans un bâillement mortel, qui rendait son âme exaspérée et close dans un de ces éclatements gluants qui font à la surface des marécages comme un crépitement vénéneux de baisers.
Le Rivage des Syrtes (1951)
Citations de Julien Gracq
Julien Gracq

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