Ceux qui ont eu des enfants ont vu le temps grandir sur eux.
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Un ouvrier a la peau foncée sur le visage, la nuque, les mains : le reste c'est de la villégiature.
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À lire aussi de Erri De Luca
Je lis de vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies.
On donne trop d'importance aux mots, il arrive qu'ils contraignent à l'exil, aux prisons du pire. Ils sont chargés de poids et pourtant ils ne sont que souffle.
Tant que chaque jour, je peux rester ne fût-ce que sur une seule ligne de ces Ecritures, j'arrive à ne pas me défaire de la surprise d'être vivant.
Les livres neufs sont impertinents, les feuilles ne se laissent pas tourner sagement, elles résistent et il faut appuyer pour qu'elles restent à plat. Les livres d'occasion ont le dos détendu, les pages, une fois lues, passent sans se soulever.
Dans la même œuvre
Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes. Après bien des pages, on finit par apprendre une variante, un geste différent que celui commis et cru inévitable.
Je lis de vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies.
Je ne crois pas aux écrivains, mais à leurs histoires.
Je prends le livre ouvert à la pliure, je me remets à son rythme, à la respiration d'un autre qui raconte.
Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes.