Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes.

À lire aussi de Erri De Luca

Mais il a bien dû exister pour moi une heure où j'ai connu de quoi était fait l'envers des solitudes, le contraire de un.
Certaines personnes savent, le jour d'avant, qu'elles ont rendez-vous avec lui. Et, malgré cette intuition, elles ne seront pas prêtes. Le bonheur est toujours une embuscade. On est pris par surprise. Le jour d'avant est donc le meilleur.
Le verbe aimer était responsable du mariage de mes parents. Ma soeur et moi étions un effet, une des étranges conséquences de la conjugaison.
Petits soldats, petits trains, animaux, maisons : les jeux, c'est le monde en miniature, utiles à un enfant pour se sentir un géant. Ils aident à grandir en supportant l'infériorité.
Je ne peux admettre d'être pardonné, ce qui me laisse en dehors des croyants.
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Dans la même œuvre

Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes. Après bien des pages, on finit par apprendre une variante, un geste différent que celui commis et cru inévitable.
Je lis de vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies.
Je ne crois pas aux écrivains, mais à leurs histoires.
Je prends le livre ouvert à la pliure, je me remets à son rythme, à la respiration d'un autre qui raconte.
L'amour est un échange de fortes étreintes, un besoin de noeuds. Et au bout de chaque étreinte, au bout de cette paix donnée, il reste le non-dit d'un adieu endurci.