L'amour est un échange de fortes étreintes, un besoin de noeuds. Et au bout de chaque étreinte, au bout de cette paix donnée, il reste le non-dit d'un adieu endurci.

À lire aussi de Erri De Luca

A peine a-t-on partagé une ou deux cuillères de sel avec une personne qu'on en est déjà au stade de l'amour. Mais avant de se livrer, on devrait manger une marmite de sel ensemble.
La foudre est un enfant qui cherche l'âme des jouets à coups de marteau.
Il y a des créatures destinées les unes aux autres qui n'arrivent jamais à se rencontrer et qui se résignent à aimer une autre personne pour raccommoder l'absence. Elle sont sages.
En mer, c'est pas comme à l'école, il n'y a pas de professeurs. Il y a la mer et il y a toi. Et la mer n'enseigne pas, la mer fait, à sa façon.
Le pain gonfle en prenant la forme de la paume du boulanger. Le porter à sa bouche, c'est comme serrer la main de qui l'a pétri.
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Dans la même œuvre

Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes. Après bien des pages, on finit par apprendre une variante, un geste différent que celui commis et cru inévitable.
Je lis de vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies.
Je ne crois pas aux écrivains, mais à leurs histoires.
Je prends le livre ouvert à la pliure, je me remets à son rythme, à la respiration d'un autre qui raconte.
Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes.