Je prends le livre ouvert à la pliure, je me remets à son rythme, à la respiration d'un autre qui raconte.

À lire aussi de Erri De Luca

Il y a des créatures destinées les unes aux autres qui n'arrivent jamais à se rencontrer et qui se résignent à aimer une autre personne pour raccommoder l'absence. Elle sont sages.
Les livres sont la plus forte contradiction des barreaux. Ils ouvrent le plafond de la cellule du prisonnier allongé sur son lit.
Les prophéties sont des mots qui donnent des ordres à l'avenir.
La vie se passera sereinement de nous, nous ne sommes pas indispensables, individus ou espèce tout entière, à cette merveilleuse machine du monde.
Certaines personnes savent, le jour d'avant, qu'elles ont rendez-vous avec lui. Et, malgré cette intuition, elles ne seront pas prêtes. Le bonheur est toujours une embuscade. On est pris par surprise. Le jour d'avant est donc le meilleur.
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Dans la même œuvre

Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes. Après bien des pages, on finit par apprendre une variante, un geste différent que celui commis et cru inévitable.
Je lis de vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies.
Je ne crois pas aux écrivains, mais à leurs histoires.
Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes.
L'amour est un échange de fortes étreintes, un besoin de noeuds. Et au bout de chaque étreinte, au bout de cette paix donnée, il reste le non-dit d'un adieu endurci.