Les livres neufs sont impertinents, les feuilles ne se laissent pas tourner sagement, elles résistent et il faut appuyer pour qu'elles restent à plat. Les livres d'occasion ont le dos détendu, les pages, une fois lues, passent sans se soulever.

À lire aussi de Erri De Luca

On découvre des horizons aussi dans un microscope, pas seulement du haut d'une montagne.
Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes.
La beauté féminine est un mystère qui tourmente la pensée et les sens.
Il y a des créatures destinées les unes aux autres qui n'arrivent jamais à se rencontrer et qui se résignent à aimer une autre personne pour raccommoder l'absence. Elle sont sages.
L'hiver, l'homme doit seulement résister dans sa coquille. Il pense : aucune géométrie n'a calculé la forme de l'oeuf. Pour le cercle, la sphère, il existe le pi grec, mais pour la figure parfaite de la vie, il n'existe pas de quadrature.
Toutes les citations de Erri De Luca →

Dans la même œuvre

Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes. Après bien des pages, on finit par apprendre une variante, un geste différent que celui commis et cru inévitable.
Je lis de vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies.
Je ne crois pas aux écrivains, mais à leurs histoires.
Je prends le livre ouvert à la pliure, je me remets à son rythme, à la respiration d'un autre qui raconte.
Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes.