Un homme politique n'a pas eu honte de me dire récemment, lors d'une réception à l’Élysée : « Vous êtes trop moderne, trop violente, trop passionnante, trop libre mais, pour un Français, vous restez la femme des Choses de la vie, Madame.» Je ne suis pourtant pas aussi vulgaire qu'on pourrait le penser. Je suis comme il est normal, dans ce pays. Même si je constate de plus en plus qu'une chose m'irrite constamment : savoir que je suis attrayante pour tout le monde ! Encore ! Ou plus que jamais. Mais j'en ai assez.

À lire aussi de Romy Schneider

Je ne suis pas peureuse. Je tiens le manque de courage pour un crime.
Quand j'avais fait la connaissance d'Alain, il était un débutant prometteur. Tandis que j'étais déjà une actrice célèbre. Ou disons plutôt que j'avais plus d'expérience professionnelle que lui. Puis, quand nous rencontrions (...) de grands réalisateurs, ils s'entretenaient avec Alain de leurs prochains projets. Ils me faisaient la grâce de quelques mots amicaux. J'étais déprimée. Je réagissais avec irritation à chaque nouveau succès remporté par Alain, à chaque annonce d'un fructueux contrat qu'il signait.
Je vivais avec Alain Delon. Mais je n'étais finalement pas la mère dont un homme comme lui avait peut-être besoin, pas la femme qui lui repriserait ses chaussettes, lui préparerait à manger et l'attendrait à la maison. J'étais une actrice et je voulais travailler. Pour la première fois de ma vie, le succès d'un autre me rendait jalouse.
On ne peut espérer tout avoir. Le succès a un prix qu'il faut payer.
Je suis lasse. Ma vie est un enfer. Je ne suis parfois heureuse que le soir. Pourvu qu'Elle ne revienne pas avec la nuit. Elle est toujours là. Elle, c'est l'Autre. Elle a le regard fixe dans la nuit. Elle m'engueule, elle rit. Elle pleure. (...) Elle me surveille constamment. Elle me reproche toutes mes erreurs, une fois, deux fois, trois fois. Je n'en suis jamais débarrassée. Mais je la laisse faire.
Toutes les citations de Romy Schneider →

Dans la même œuvre

La camaraderie qui unit une équipe pendant toute la durée d'un tournage, au-delà des couches sociales, donne souvent l'illusion d'une amitié et d'une proximité, qui s'arrêtent net sitôt le film achevé. Dès le clap de fin donné, on se retrouve avec l'impression d'assister à son propre enterrement.
Ce n'est pas que je déteste les hommes, mais ils nous découragent trop.
J'ai été très seule dans ma vie. Et j'ai beaucoup pleuré.
Pour le public, je m'appelais « Sissi », pour les producteurs, j'étais l'incarnation vivante de la douce et innocente altesse impériale (...). Je semblais être seule à le savoir : je n'étais pas Sissi. J'ai interprété Sissi, mais je ne ressemblais absolument pas, dans la vie, à ce personnage légendaire. A dix ans, je n'étais pas Sissi, à dix-huit ans, beaucoup moins encore
A dix ans, je n'étais pas Sissi, à dix-huit ans, beaucoup moins encore. Je me sentais étiquetée. Et rien n'est plus dangereux pour une actrice (...). Personne ne voulait croire que je pouvais faire autre chose. Je devais jouer le rôle d'une princesse dans ce film, puis dans un autre encore. Je me suis défendue contre le deuxième Sissi et j'en ai pourtant tourné un troisième. Pourquoi ? Je ne savais tout simplement pas comment me libérer de tous mes liens, personnels et professionnels. J'étais assez désespérée.