Ruquier ne choisit jamais simplement. Le prédécesseur de Yann Moix, Aymeric Caron, était un chieur total. Je disais à Ruquier qu’il faisait tellement haïr la gauche avec son côté « Saint Juste chez Guy Lux » qu’il faisait plus de voix pour Le Pen que Le Pen lui-même. J’ai dit à Ruquier : « Vire ce con ! »
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Un de mes traits de caractère est d’avoir un peu d’humour, mais j’ai mis quatre ans à me décider. Je me disais que j’allais gâcher ma carrière. C’était il y a douze ans et je n’ai rien gâché du tout. Mes amis, c’était Olivier de Kersauson, Jean Yanne, Jacques Martin, Carlos… On passait des nuits chez Castel, un endroit mythique qui n’était pas du tout mondain comme on l’a dit mais un bistrot où ça se passait. Oui, il y avait des vedettes de cinéma, Bardot, etc., mais ce n’était pas du tout un truc pour les bourgeois arrivés, il y en avait, mais c’était nous les patrons.
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Je suis meilleur faiseur de journal que journaliste. Je faisais deux trois articles par an, mais ce n’était pas ma spécialité. Je préfère la formation, appeler les gens dans mon bureau et les conseiller. J’étais assez dur en formateur mais en même temps fraternel.
En décembre 1954, quand l’abbé Pierre a lancé son appel, j’étais en première au lycée à Paris. On était tous allé apporter des chaussettes et des gants. J’avais un copain communiste qui m’a dit qu’il préférait la justice à la charité. Je trouvais la formule formidable : une fois la justice sociale obtenue, plus besoin de charité. Ça m’a beaucoup idéologisé.
Si vous me demandez de faire mon éloge, ce qui est ridicule, je dirais cela : je sais faire des grosses plaisanteries et parler de choses qui sont difficiles. Je ne laisse pas l’un manger l’autre. J’ai ce plaisir-là. Il n’y a pas de raison que ça s’arrête un jour, c’est mon plaisir. C’est assez paradoxal et je m’y trouve bien.
Coluche était double, totalement schizophrène, bipolaire. « Je cohabite avec une charogne », disait, je crois, sainte Thérèse d’Avila. Coluche cohabitait avec une charogne. Il était le beauf, ce n’était pas un sale con, mais un beauf – à l’époque on disait « poujadiste » –, et aussi un libertaire. Un révolutionnaire. Vulgaire et tendre, autoritaire et généreux.
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Le petit juif de Varsovie, la petite fille au Vietnam, c’est touchant mais ça n’a pas fait arrêter les guerres. Et là, avec Aylan, c’est comme si quelque chose de miraculeux se produisait. Les plus rétifs à l’aide internationale comme Angela Merkel et le public le plus poujadiste, les ancêtres du lepénisme qui ont pour slogan « la France aux Français », même ceux-là ont été touchés. Quand un photographe parvient à saisir la tragédie ou le bonheur, c’est une bonne photo.
Je suis d’une génération qui était particulièrement idéologique. On est passé par tous les trucs, le communisme, le gauchisme, et tout ça a échoué terriblement. Je pense qu’il faut revenir aux fondamentaux de l’humanisme, aussi bête que cela puisse paraître.
Je pense qu’il faut revenir aux fondamentaux de l’humanisme, aussi bête que cela puisse paraître. Je crois que si on en revenait à cette vision du monde, les choses pourraient avancer beaucoup plus.
En décembre 1954, quand l’abbé Pierre a lancé son appel, j’étais en première au lycée à Paris. On était tous allé apporter des chaussettes et des gants. J’avais un copain communiste qui m’a dit qu’il préférait la justice à la charité. Je trouvais la formule formidable : une fois la justice sociale obtenue, plus besoin de charité. Ça m’a beaucoup idéologisé.
Je me suis toujours annoncé et cru sincèrement de gauche. J’ai fait mes débuts dans la presse liée à la gauche.