J’adore la poésie, la littérature et j’adore faire des citations. Je suis « babeleu » cuistre. J’ai une passion folle pour la poésie, mais il s’avère que je suis très grossier. Je peux dire « ma bite » et réciter Le cimetière marin dans un souffle. C’est un peu bluffant. Je pense que les gens se disent que ce n’est pas possible de dire ça, mais que c’est Bénichou.
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Je suis meilleur faiseur de journal que journaliste. Je faisais deux trois articles par an, mais ce n’était pas ma spécialité. Je préfère la formation, appeler les gens dans mon bureau et les conseiller. J’étais assez dur en formateur mais en même temps fraternel.
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À 18 ans, je suis rentré au Paris-Presse. J’avais un petit bonheur de style. Ça m’est venu naturellement. C’est la seule chose que je sache faire un peu. Ce n’est pas à 77 ans et demi que je vais faire le modeste, j’étais doué pour ça. À 20 ans j’étais grand reporter à « Jours de France ». Je faisais le tour du monde.
Je connaissais bien François Mitterrand. Trois mois avant l’élection, je l’avais appelé pour lui parler de Coluche : « Il y a dans ce clown et dans son humour post-68 quelque chose de salubre. » Mitterrand détestait Mai 68 qui, croyait-il, lui avait fait perdre cinq ans. « Salubre ?, me répondit-il. Salubre est un mot des surréalistes et Coluche est effectivement leur descendant.
En décembre 1954, quand l’abbé Pierre a lancé son appel, j’étais en première au lycée à Paris. On était tous allé apporter des chaussettes et des gants. J’avais un copain communiste qui m’a dit qu’il préférait la justice à la charité. Je trouvais la formule formidable : une fois la justice sociale obtenue, plus besoin de charité. Ça m’a beaucoup idéologisé.
Je me suis toujours annoncé et cru sincèrement de gauche. J’ai fait mes débuts dans la presse liée à la gauche.
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Le petit juif de Varsovie, la petite fille au Vietnam, c’est touchant mais ça n’a pas fait arrêter les guerres. Et là, avec Aylan, c’est comme si quelque chose de miraculeux se produisait. Les plus rétifs à l’aide internationale comme Angela Merkel et le public le plus poujadiste, les ancêtres du lepénisme qui ont pour slogan « la France aux Français », même ceux-là ont été touchés. Quand un photographe parvient à saisir la tragédie ou le bonheur, c’est une bonne photo.
Je suis d’une génération qui était particulièrement idéologique. On est passé par tous les trucs, le communisme, le gauchisme, et tout ça a échoué terriblement. Je pense qu’il faut revenir aux fondamentaux de l’humanisme, aussi bête que cela puisse paraître.
Je pense qu’il faut revenir aux fondamentaux de l’humanisme, aussi bête que cela puisse paraître. Je crois que si on en revenait à cette vision du monde, les choses pourraient avancer beaucoup plus.
En décembre 1954, quand l’abbé Pierre a lancé son appel, j’étais en première au lycée à Paris. On était tous allé apporter des chaussettes et des gants. J’avais un copain communiste qui m’a dit qu’il préférait la justice à la charité. Je trouvais la formule formidable : une fois la justice sociale obtenue, plus besoin de charité. Ça m’a beaucoup idéologisé.
Je me suis toujours annoncé et cru sincèrement de gauche. J’ai fait mes débuts dans la presse liée à la gauche.