Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face, - \r\nBoire le sel ardent des embruns et des pleurs, - \r\nEt goûter chaudement la joie et la douleur - \r\nQui font une buée humaine dans l'espace !
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Être dans la nature ainsi qu'un arbre humain, - \r\nÉtendre ses désirs comme un profond feuillage, - \r\nEt sentir, par la nuit paisible et par l'orage, - \r\nLa sève universelle affluer dans ses mains !
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À lire aussi de Anna de Noailles
Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature, - Ah ! Faut-il que mes yeux s'emplissent d'ombre un jour - Et que j'aille au pays sans vent et sans verdure - Que ne visitent pas la lumière et l'amour...
Mes livres je les fis pour vous, ô jeunes hommes, - Et j'ai laissé dedans, - Comme font les enfants qui mordent dans des pommes - La marque de mes dents.
Aimer, c'est de ne mentir plus. - Nulle ruse, n'est nécessaire - Quand le bras chaleureux enserre - Le corps fuyant qui nous a plu.
S'en aller pensant ou rêvant, - Mais que le coeur donne sa sève - Et que l'âme chante et se lève - Comme une vague dans le vent.
Dans la même œuvre
Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face, - \r\nBoire le sel ardent des embruns et des pleurs, - \r\nEt goûter chaudement la joie et la douleur - \r\nQui font une buée humaine dans l'espace !
Sentir, dans son coeur vif, l'air, le feu et le sang - \r\nTourbillonner ainsi que le vent sur la terre. - \r\n- S'élever au réel et pencher au mystère, - \r\nÊtre le jour qui monte et l'ombre qui descend.
Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise, - \r\nLaisser du coeur vermeil couler la flamme et l'eau, - \r\nEt comme l'aube claire appuyée au coteau - \r\nAvoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...
Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...