Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature, - Ah ! Faut-il que mes yeux s'emplissent d'ombre un jour - Et que j'aille au pays sans vent et sans verdure - Que ne visitent pas la lumière et l'amour...

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Descendre par l'étroite, horizontale porte - Où l'on passe étendu, voilé, silencieux ; - Ne plus jamais vous voir, ô Lumière des cieux. - Hélas ! Je n'étais pas faite pour être morte.
Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face, - \r\nBoire le sel ardent des embruns et des pleurs, - \r\nEt goûter chaudement la joie et la douleur - \r\nQui font une buée humaine dans l'espace !
Le visage de ceux qu'on n'aime pas encor - Apparaît quelquefois aux fenêtres des rêves, - Et va s'illuminant sur de pâles décors - Dans un argentement de lune qui se lève.
Rire ou pleurer, mais que le coeur - Soit plein de parfums comme un vase, - Et contienne jusqu'à l'extase - La force vive ou la langueur.
Je crois à l'âme, si c'est elle - Qui me donne cette vigueur - De me rapprocher de ton coeur - Quand tu parais sombre et rebelle !
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