Descendre par l'étroite, horizontale porte - Où l'on passe étendu, voilé, silencieux ; - Ne plus jamais vous voir, ô Lumière des cieux. - Hélas ! Je n'étais pas faite pour être morte.

À lire aussi de Anna de Noailles

Mes livres je les fis pour vous, ô jeunes hommes, - Et j'ai laissé dedans, - Comme font les enfants qui mordent dans des pommes - La marque de mes dents.
Ah ! que ma vie aussi comme une aile s'éploie ! - Que le lait bleu du jour m'étourdisse et me noie, - Que j'élève un front clair dans les vapeurs du ciel ! - - Qu'importe ton destin, ton martyre ou ta joie, - Il s'agit, ô mon coeur, que tu sois éternel !
Le visage de ceux qu'on n'aime pas encor - Apparaît quelquefois aux fenêtres des rêves, - Et va s'illuminant sur de pâles décors - Dans un argentement de lune qui se lève.
Je crois à l'âme, si c'est elle - Qui me donne cette vigueur - De me rapprocher de ton coeur - Quand tu parais sombre et rebelle !
Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face, - \r\nBoire le sel ardent des embruns et des pleurs, - \r\nEt goûter chaudement la joie et la douleur - \r\nQui font une buée humaine dans l'espace !
Toutes les citations de Anna de Noailles →