L'anxieux frelon qui bourdonne - Ne peut pas altérer son ciel...
❧
S'en aller pensant ou rêvant, - Mais que le coeur donne sa sève - Et que l'âme chante et se lève - Comme une vague dans le vent.
◆
À lire aussi de Anna de Noailles
Être dans la nature ainsi qu'un arbre humain, - \r\nÉtendre ses désirs comme un profond feuillage, - \r\nEt sentir, par la nuit paisible et par l'orage, - \r\nLa sève universelle affluer dans ses mains !
Mes livres je les fis pour vous, ô jeunes hommes, - Et j'ai laissé dedans, - Comme font les enfants qui mordent dans des pommes - La marque de mes dents.
Vis sans efforts et sans débats, - Garde tes torts, reste toi-même, - Qu'importent tes défauts ? Je t'aime - Comme si tu n'existais pas, - Car l'émanation secrète - Qui fait ton monde autour de toi - Ne dépend pas de tes tempêtes, - De ton coeur vif, ton coeur étroit.
Le bonheur, la douceur, la joie, - Tiennent entre les bras mêlés; - Pourtant les coeurs sont isolés - Et las comme un rameau qui ploie.
Dans la même œuvre
Rire ou pleurer, mais que le coeur - Soit plein de parfums comme un vase, - Et contienne jusqu'à l'extase - La force vive ou la langueur.
Avoir la douleur ou la joie, - Pourvu que le coeur soit profond - Comme un arbre où des ailes font - Trembler le feuillage qui ploie.
Que le coeur s'éclaire ou se voile, - Qu'il soit sombre ou vif tour à tour, - Mais que son ombre et que son jour - Aient le soleil ou les étoiles...