Tracez des zones, des périmètres et des frontières autant que vous voudrez, partagez-vous les océans et les banquises, le ciel et les étoiles, les montagnes et les rivières, décidez à qui appartient chaque caillou, chaque noyau d'olive et chaque pétale d'ancolie si ça vous amuse, vous donne de l'importance, offre un sens à votre vie… mais vous ne changerez rien à cette seule vérité. La terre nous est confiée. Ma terre m'est confiée. Et aucune loi des hommes ne me fera renoncer à mon devoir de la rendre dans l'état où je l'ai trouvée.

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Qu'il n'oublie jamais le goût des belles choses. Seules les mères peuvent apporter cela aux petits hommes : la sensibilité. S'ils suivaient les pas de leurs pères, les idéalisaient, le foot, les bagnoles et la perceuse, ils étaient foutus, ils deviendraient aussi cons qu'eux. Des générations de cons! Seules les mères pouvaient tenter de freiner la malédiction.
Les filles uniques sont des bourriques, les filles cadettes des pipelettes, mais les filles aînées sont en acier trempé.
Une citation me revient, une citation d'Eluard, « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous ». Qui m'a collé cette phrase qui trotte dans ma tête comme le refrain d'une chanson passant en boucle à la radio ? Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous... Et si c'était la solution ? Attendre le prochain message du passé.
Elle considérait l'amour comme une arnaque pour les gogos, exactement comme les tickets de la Française des Jeux qu'elle vendait aux clients. On ne gagnait jamais, ou alors des petites sommes, juste assez pour vous inciter à rejouer, à y croire, jamais la cagnotte qui vous mettrait à l'abri jusqu'à la tombe.
Une vie, tu sais, Fanette, c'est juste deux ou trois occasion à ne pas laisser passer. Çà se joue à ça, ma jolie, une vie ! Rien de plus. (
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Dans la même œuvre

Dans les films, les hommes amoureux s'arrachent des bras de celle qu'ils n'aiment pas et se précipitent dans ceux de l'autre, et tout le monde n'attend que ça, tout le monde lui pardonne, personne n'a la moindre considération pour la femme officielle délaissée. Dans les films, tout le monde se range du côté du coeur, se fout de la raison.
Comment peut-on tromper? Tromper celui avec qui on vit. Et vivre quand même? ?Est-ce que l'on trompe quelqu'un parce qu'on s'est trompé soi-même ? Trompé de femme, trompé de vie, trompé de rêves ? ?Est-ce que moi aussi, je vais me tromper de vie? ? Est-ce que moi aussi, un jour, je tromperai quelqu'un ?
Les rencontres naissent de coïncidences, continuait-il de penser. D'un jet de dés. Si des couples tiennent ainsi, après que le hasard les a réunis, c'est donc que cela aurait pu tout autant marcher avec une autre fille, si le destin l'avait décidé. C'est donc qu'une histoire d'amour ne vaut pas plus qu'une autre, que mille autres vies auraient été possibles, peut-être meilleures, peut-être pires.
Même les pires souvenirs finissent par s'oublier, si on en empile d'autres par-dessus, beaucoup d'autres. Même ceux qui vous ont cisaillé le coeur, ceux qui vous ont rayé le cerveau, même les plus intimes. Surtout les plus intimes.
Une vie, pensa-t-elle, se résumait à cela : profiter de la beauté du monde. Son harmonie. Sa poésie. La contempler avant que tout ne disparaisse. Au fond, on ne meurt pas, on devient aveugle. On comprend que c'est terminé lorsque toutes les merveilles autour de nous s'éteignent.