En ce moment, la Russie confirme une fois de plus cette vieille expérience historique : il n'est rien de plus invraisemblable, de plus impossible, de plus fantaisiste qu'une révolution une heure avant qu'elle n'éclate ; il n'est rien de plus simple, de plus naturel et de plus évident qu'une révolution lorsqu'elle a livré sa première bataille et remporté sa première victoire.
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Te souviens-tu du récit de la campagne de Von Trotha, dans le Kalahari […] : « Et les râles des agonisants, les cris de ceux que la soif avaient rendus fous retentissaient dans le silence de cette immensité. » Ce « silence sublime de l'immensité » où tant de cris se perdent, il éclate dans ma poitrine si fort qu'il ne saurait y avoir dans mon cœur un petit recoin spécial pour le ghetto ; je me sens chez moi dans le vaste monde partout où il y a des nuages, des oiseaux et des larmes”
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À lire aussi de Rosa Luxemburg
Être un être humain est la chose la plus élevée de toutes. Et cela veut dire être ferme et clair et joyeux, oui, joyeux envers et contre tout, parce que se plaindre est affaire de faible. Être un être humain veut dire secouer joyeusement sa vie entière dans la gigantesque échelle du destin s'il le faut, et en même tant se réjouir dans la clarté de chaque jour et la beauté de chaque nuage.
Les guerres sont un phénomène barbare, profondément immoral, réactionnaire et contraire aux intérêts du peuple.
Je trouve qu'on a déjà beaucoup trop écrit de livres; à force de littérature, les gens oublient de contempler la beauté du monde.
Tâche donc de demeurer un être humain. C'est là l'essentiel. Et ça veut dire : être solide, lucide, et gaie, oui, gaie malgré tout le reste..
Dans la même œuvre
La beauté trop formelle devient une grimace.
Être un être humain est la chose la plus élevée de toutes. Et cela veut dire être ferme et clair et joyeux, oui, joyeux envers et contre tout, parce que se plaindre est affaire de faible. Être un être humain veut dire secouer joyeusement sa vie entière dans la gigantesque échelle du destin s'il le faut, et en même tant se réjouir dans la clarté de chaque jour et la beauté de chaque nuage.
Lisez -Les Dieux ont soif- d'Anatole France. Ce qui fait, à mon sens, la grandeur de cet ouvrage, c'est la vision générale que l'auteur a de l'homme. Voyez, nous dit-il, de ces personnages pitoyables, de ces mesquineries quotidiennes naissent, à un moment déterminé de l'histoire, les évènements les plus extraordinaires et les gestes les plus grandioses.
Au milieu des ténèbres, je souris à la vie, comme si je connaissais la formule magique qui change le mal et la tristesse en clarté et en bonheur. Alors, je cherche une raison à cette joie, je n'en trouve pas et ne puis m'empêcher de sourire de moi-même. Je crois que la vie elle-même est l'unique secret. Car l'obscurité profonde est belle et douce comme du velours, quand on sait l'observer. Et la vie chante aussi dans le sable qui crisse sous les pas lents et lourds de la sentinelle, quand on sait l'entendre.
A l'instant, j'ai interrompu ma lettre pour observer le ciel- le soleil est descendu d'un degré, derrière les bâtiments et, tout en haut,une foule de petits nuages-venus Dieu sait où-se sont rassemblés en silence. Ils sont d'un gris tendre, argentés et brillants sur la frange, et leurs formes déchiquetées se dirigent vers le nord. Il y a tant d'insouciance dans ces nuages qui passent, comme un sourire indifférent, que je n'ai pu m'empêcher de sourire moi aussi, car je suis toujours en accord avec le rythme de vie qui m'entoure. Devant un tel ciel, comment pourrait-on être méchant ou mesquin ? N'oubliez jamais de regarder autour de vous, vous y trouverez toujours une raison d'être indulgente.