La beauté trop formelle devient une grimace.

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Dans l'espace immatériel de l'analyse logique abstraite, on peut prouver avec la même rigueur aussi bien l'impossibilité absolue, la défaite certaine de la grève de masse, que sa possibilité absolue et sa victoire assurée. Aussi la valeur de la démonstration est-elle dans les deux cas la même, je veux dire nulle. C'est pourquoi craindre la propagande pour la grève de masse, prétendre excommunier formellement les coupables de ce crime, c'est être victime d'un malentendu absurde. Il est tout aussi impossible de "propager" la grève de masse comme moyen abstrait de lutte qu'il est impossible de "propager" la révolution. La "révolution" et la "grève de masse" sont des concepts qui ne sont eux-mêmes que la forme extérieure de la lutte des classes et ils n'ont de sens et de contenu que par rapport à des situations politiques bien déterminées.
Les guerres sont un phénomène barbare, profondément immoral, réactionnaire et contraire aux intérêts du peuple.
Tâche donc de demeurer un être humain. C'est là l'essentiel. Et ça veut dire : être solide, lucide, et gaie, oui, gaie malgré tout le reste..
Rester un être humain, c'est jeter, s'il le faut, joyeusement, sa vie entière, sur « la grande balance du destin », mais en même temps se réjouir de chaque belle journée de soleil, de chaque beau nuage. Hélas je ne sais pas la recette qui permettrait de se conduire en être humain, je sais seulement comment on l'est.
A vous, je peux bien dire cela tranquillement ; vous n'irez pas tout de suite me soupçonner de trahir le socialisme. Vous savez bien qu'au bout du compte, j'espère mourir à mon poste : dans un combat ou au pénitencier. Mais mon moi le plus profond appartient plus à mes mésanges charbonnières qu'aux "camarades".
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Dans la même œuvre

Être un être humain est la chose la plus élevée de toutes. Et cela veut dire être ferme et clair et joyeux, oui, joyeux envers et contre tout, parce que se plaindre est affaire de faible. Être un être humain veut dire secouer joyeusement sa vie entière dans la gigantesque échelle du destin s'il le faut, et en même tant se réjouir dans la clarté de chaque jour et la beauté de chaque nuage.
Lisez -Les Dieux ont soif- d'Anatole France. Ce qui fait, à mon sens, la grandeur de cet ouvrage, c'est la vision générale que l'auteur a de l'homme. Voyez, nous dit-il, de ces personnages pitoyables, de ces mesquineries quotidiennes naissent, à un moment déterminé de l'histoire, les évènements les plus extraordinaires et les gestes les plus grandioses.
Au milieu des ténèbres, je souris à la vie, comme si je connaissais la formule magique qui change le mal et la tristesse en clarté et en bonheur. Alors, je cherche une raison à cette joie, je n'en trouve pas et ne puis m'empêcher de sourire de moi-même. Je crois que la vie elle-même est l'unique secret. Car l'obscurité profonde est belle et douce comme du velours, quand on sait l'observer. Et la vie chante aussi dans le sable qui crisse sous les pas lents et lourds de la sentinelle, quand on sait l'entendre.
A l'instant, j'ai interrompu ma lettre pour observer le ciel- le soleil est descendu d'un degré, derrière les bâtiments et, tout en haut,une foule de petits nuages-venus Dieu sait où-se sont rassemblés en silence. Ils sont d'un gris tendre, argentés et brillants sur la frange, et leurs formes déchiquetées se dirigent vers le nord. Il y a tant d'insouciance dans ces nuages qui passent, comme un sourire indifférent, que je n'ai pu m'empêcher de sourire moi aussi, car je suis toujours en accord avec le rythme de vie qui m'entoure. Devant un tel ciel, comment pourrait-on être méchant ou mesquin ? N'oubliez jamais de regarder autour de vous, vous y trouverez toujours une raison d'être indulgente.
Récemment, j'ai lu dans le livre de France qu'en science et en littérature les hommes célèbres produisent leurs réalisations les plus éminentes au mois de janvier ou de février. Il faut croire que le solstice d'hiver constitue aussi un moment critique dans la vie de l'homme et provoque un nouvel élan des forces vitales.