Pour moi aussi, l'amour était (ou est) toujours plus important et plus sacré que l'objet qui le suscite. Parce qu'il nous fait voir le monde comme un conte lumineux, parce qu'il va chercher dans l'être humain ce qu'il a de plus noble et de plus beau en lui, parce qu'il élève ce qui est le plus commun et le plus dérisoire, et le sertit de diamants, et parce qu'il fait vivre dans l'ivresse et dans l'extase.
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Récemment, j'ai lu dans le livre de France qu'en science et en littérature les hommes célèbres produisent leurs réalisations les plus éminentes au mois de janvier ou de février. Il faut croire que le solstice d'hiver constitue aussi un moment critique dans la vie de l'homme et provoque un nouvel élan des forces vitales.
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Mais la vie est "ainsi", depuis toujours, et tout en fait partie : douleur, séparation et nostalgie. Il faut la prendre comme un tout, et TOUT trouver beau et bien. Enfin, c'est comme ça que je fais. Et pas par sagesse longuement méditée, mais simplement parce que telle est ma nature. Je sens instinctivement que c'est la seule façon juste de prendre la vie, voilà pourquoi je me sens réellement heureuse dans n'importe quelle situation.
D'une façon générale, on ne doit pas oublier d'être bon, car la bonté, dans les relations avec les hommes, fait bien plus que la sévérité.
Le niveau de vie de tout homme et de toute classe ne peut être jugé correctement que si on l'apprécie par rapport à la situation de l'époque donnée et des autres couches de la même société.
N'oubliez pas, même si vous êtes occupés, même si vous traversez la cour à la hâte, absorbés par vos tâches urgentes, n'oubliez pas de lever la tête un instant et de jeter un oeil à ces immenses nuages argentés et au paisible océan bleu dans lequel ils nagent.
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La beauté trop formelle devient une grimace.
Être un être humain est la chose la plus élevée de toutes. Et cela veut dire être ferme et clair et joyeux, oui, joyeux envers et contre tout, parce que se plaindre est affaire de faible. Être un être humain veut dire secouer joyeusement sa vie entière dans la gigantesque échelle du destin s'il le faut, et en même tant se réjouir dans la clarté de chaque jour et la beauté de chaque nuage.
Lisez -Les Dieux ont soif- d'Anatole France. Ce qui fait, à mon sens, la grandeur de cet ouvrage, c'est la vision générale que l'auteur a de l'homme. Voyez, nous dit-il, de ces personnages pitoyables, de ces mesquineries quotidiennes naissent, à un moment déterminé de l'histoire, les évènements les plus extraordinaires et les gestes les plus grandioses.
Au milieu des ténèbres, je souris à la vie, comme si je connaissais la formule magique qui change le mal et la tristesse en clarté et en bonheur. Alors, je cherche une raison à cette joie, je n'en trouve pas et ne puis m'empêcher de sourire de moi-même. Je crois que la vie elle-même est l'unique secret. Car l'obscurité profonde est belle et douce comme du velours, quand on sait l'observer. Et la vie chante aussi dans le sable qui crisse sous les pas lents et lourds de la sentinelle, quand on sait l'entendre.
A l'instant, j'ai interrompu ma lettre pour observer le ciel- le soleil est descendu d'un degré, derrière les bâtiments et, tout en haut,une foule de petits nuages-venus Dieu sait où-se sont rassemblés en silence. Ils sont d'un gris tendre, argentés et brillants sur la frange, et leurs formes déchiquetées se dirigent vers le nord. Il y a tant d'insouciance dans ces nuages qui passent, comme un sourire indifférent, que je n'ai pu m'empêcher de sourire moi aussi, car je suis toujours en accord avec le rythme de vie qui m'entoure. Devant un tel ciel, comment pourrait-on être méchant ou mesquin ? N'oubliez jamais de regarder autour de vous, vous y trouverez toujours une raison d'être indulgente.