Je n'avais presque jamais tenu un bébé entre mes bras, mais je comprenais les pères, capables de rester des nuits à porter un enfant contre leur sein. Je comprenais cet incroyable sentiment de responsabilité qui imposait de ne rien faire, d'attendre, statufié pour l'éternité. Qu'être là suffisait.
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Rien n'appartient jamais qu'à une personne seule. Qu'est ce qu'elle en ferait ?
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Le charme d'une fille, c'est comme le bonheur, les miracles, les grigris et toutes ces autres conneries, suffit d'y croire pour que ça marche.
Les geôliers doivent sans doute aimer que les prisonniers leur parlent des oiseaux dans le ciel.
Les douleurs ne s'additionnent pas, elles se superposent, c'est une grande chance.
Il n'avait pas inventé l'eau chaude, ce qui aurait été rudement utile sur la plage de Dieppe.
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Dans les films, les hommes amoureux s'arrachent des bras de celle qu'ils n'aiment pas et se précipitent dans ceux de l'autre, et tout le monde n'attend que ça, tout le monde lui pardonne, personne n'a la moindre considération pour la femme officielle délaissée. Dans les films, tout le monde se range du côté du coeur, se fout de la raison.
Comment peut-on tromper? Tromper celui avec qui on vit. Et vivre quand même? ?Est-ce que l'on trompe quelqu'un parce qu'on s'est trompé soi-même ? Trompé de femme, trompé de vie, trompé de rêves ? ?Est-ce que moi aussi, je vais me tromper de vie? ? Est-ce que moi aussi, un jour, je tromperai quelqu'un ?
Les rencontres naissent de coïncidences, continuait-il de penser. D'un jet de dés. Si des couples tiennent ainsi, après que le hasard les a réunis, c'est donc que cela aurait pu tout autant marcher avec une autre fille, si le destin l'avait décidé. C'est donc qu'une histoire d'amour ne vaut pas plus qu'une autre, que mille autres vies auraient été possibles, peut-être meilleures, peut-être pires.
Même les pires souvenirs finissent par s'oublier, si on en empile d'autres par-dessus, beaucoup d'autres. Même ceux qui vous ont cisaillé le coeur, ceux qui vous ont rayé le cerveau, même les plus intimes. Surtout les plus intimes.
Une vie, pensa-t-elle, se résumait à cela : profiter de la beauté du monde. Son harmonie. Sa poésie. La contempler avant que tout ne disparaisse. Au fond, on ne meurt pas, on devient aveugle. On comprend que c'est terminé lorsque toutes les merveilles autour de nous s'éteignent.